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« Oui, il y a des dispositions qui ont été retardées ! » (10/03/2010)

CHOSSY J-F. Depute UMP de la LoireInterview Jean-François Chossy, député UMP de la Loire, a été le rapporteur de la loi sur le handicap de 2005.

A part entière : Vous avez joué un rôle majeur dans l’adoption de cette loi. Quel bilan en tirez-vous ?
Jean-François Chossy : Cette loi a suscité beaucoup d’espoir pour les personnes concernées, les associations, les personnes handicapées, leur entou­rage. Sa mise en œuvre a pris un certain temps, même si ses décrets sont sortis dans les meilleurs temps, comme le texte de loi l’exigeait ! Ce n’est pas juste une question de volonté, c’est surtout une question de moyens. Sur ce plan, je suis moins sûr que nous obtenions tous ceux dont nous avons besoin. Tout ne fonctionne pas de façon optimum, on a pu le constater au niveau des MDPH qui ne sont pas toutes performantes. Chacun est bien conscient de ces difficultés et chacun de vos adhérents le sait

 APE : L’esprit de la loi vous paraît-il tout le temps
respecté ?
J.-F.C. : Il existe un décalage entre l’esprit de la loi et la réalité sur le terrain. Oui, il y a des dispositions qui ont été retardées. Concernant le renforcement de la contribution Agefiph pour les PME, je peux le comprendre : avec la crise, des entreprises font face à des problèmes de trésorerie. On n’a pas annulé cette disposition, on l’a reportée. Là où je reste amer, c’est sur les exonérations dont a profité
l’Éducation nationale sous le prétexte qu’elle s’occupe déjà d’enfants handicapés. On ne peut pas l’admettre. Je ferai le bruit qu’il faudra pour le faire savoir et obtenir de modifier cette situation anormale.
Sur l’emploi, j’en appelle à la patience, on n’a pas perdu l’objectif de la loi. Même si on a la sensation d’avoir fait un pas en arrière. Il faut cependant rester vigilants, car je ne vous cache pas qu’ici ou là certains pourraient être tentés d’en profiter pour détricoter le projet en estimant que l’on a fait assez pour les personnes atteintes de handicap.
 
APE : Vous semble-t-il nécessaire de donner un second souffle à l’application de cette loi ?

J.-F.C. : Nous sommes dans une situation de montée en puissance. On a fait beaucoup de chemin notamment sur la scolarisation. La PCH est rentrée dans les mœurs locales. La loi a surtout modifié les comportements ; pas seulement ceux des personnes handicapées mais aussi de tous les autres. Désormais, on parle, selon moi, sans peur du handicap. Même si notre situation n’est pas idéale, l’état d’esprit général a évolué. Selon moi, le point le plus compliqué, c’est l’accessibilité. On connaît la date butoir de 2015. C’est dans cinq ans, mais l’on se rend bien compte qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir.

APE : Les démarches des personnes handicapées sont-elles réellement devenues plus simples et les réponses apportées plus adaptées ?

J.-F.C. : Notre principal problème c’est, comme toujours, un manque de moyens humains et financiers. Il faudrait former beaucoup plus tous les intervenants, médecins, AVS... Il faudrait faire des auxiliaires de vie une profession avec un statut et une rémunération digne. Enfin, il faut soigner l’accompagnement individuel des personnes handicapées, soigner tout particulièrement le projet de vie et l’accueil dans les MDPH. Ça c’est le chantier de demain
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