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Toulouse : procès AZF (11/05/2009)

Un mélange explosif

La question de la sous-traitance est au cœur de ce procès, rappelle maître Sylvie Topaloff, qui défend la CGT, partie civile dans ce procès. « Sur les 31 personnes décédées dans l’explosion du 21 septembre 2001, 21 étaient dans l’usine. Sur ces 21 personnes, plus de la moitié, étaient des sous-traitants. Nous nous trouvons dans une entreprise de chimie, classée Seveso 2 (établissements potentiellement dangereux), où 37 entreprises sous-traitantes travaillaient en permanence. Lesquelles avaient recours à des intérimaires. À cela, AZF répond que des formations ont été dispensées. Pour notre part, nous nous demandons si elles ont été bien adéquates ! »

Sans préjuger de la décision qui sera rendue par le tribunal correctionnel, cette avocate retient une première faute majeure : l’implantation, sur un même site, d’unités de fabrication et de stockage de produits chimiques incompatibles (des nitrates d’ammonium -ammonitrates- et des produits chlorés). « L'hypothèse privilégiée pour expliquer l'explosion, est le mélange malencontreux de deux produits dans le hangar 221.» L’instruction a révélé, selon cette avocate, qu’une demi-heure avant l’explosion, avait été déversé le contenu d’un sac déchiré d’ammonitrate, retrouvé dans un autre hangar, le 335, où se trouvait également et, contrairement à la plus élémentaire prudence, un sac de produit chloré. En ramassant au sol le nitrate d’ammonium, l’ouvrier chargé des déchets a pelleté des balayures de produit chloré. Ce mélange, déversé dans le local 221, sans qu’aucune vérification n’ait été faite, a provoqué l’explosion. Le dernier intervenant dans le hangar 221 où s’est produite l’explosion est un salarié sous-traitant.

 

« Ce qui rend ce procès compliqué, conclut Sylvie Topaloff, c’est que Grande Paroisse et Total n’ont pas d’autre thèse que la nôtre à opposer. La seule chose qu’ils soulignent c’est qu’ils refusent de considérer qu’il s’agit d’un accident imputable à l’entreprise. Selon eux, il ne peut s’agir que d’une cause extérieure. Et des hypothèses de ce type, on en a entendues : attentat, météorite, hélicoptère mystérieux, arc électrique provoqué soi-disant par l’entreprise voisine SNPE... Ce sont comme des écrans de fumée qui détournent des vrais problèmes. Mais puisque le tribunal refuse de passer à côté de la moindre cause possible, on aura passé un mois à démonter et éliminer ces hypothèses. »

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