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AZF: « Les victimes des accidents graves sont des sous-traitants » (11/05/2009)

« Sur ces lieux de travail, se croisent des populations différentes. 30 à 50 % de l’effectif présent à AZF est sous-traité », témoigne Philippe Saunier, secrétaire du CHSCT de Total Gonfreville, animateur du collectif santé et travail à la CGT, appelé à la barre au procès d’AZF. Celui-ci pointe les différences de traitement entre salariés maison et sous-traitants. « Je ne dis pas que les sous-traitants ne sont pas des professionnels. Ils connaissent leur travail."

"Mais ils connaissent moins ou pas les conditions spécifiques de l’environnement dans lequel ils se retrouvent. Quand ce sont des transporteurs, ils ne connaissent pas toujours bien les produits qu’ils transportent. De plus, tout est fait pour nous isoler, nous opposer : ils ne bénéficient pas de la même formation, ils n’ont pas les mêmes droits. En 2009, dans certaines boîtes, on se bat encore pour que les sous-traitants aient des vestiaires et aient accès à l’eau potable. »

 

« À Toulouse, la CGT s’est battue contre ce phénomène de sous-traitance : cela entraîne une perte de connaissance de la culture de l’entreprise, une perte de liens organisationnels, une perte de maîtrise de l’outil de travail. La sous-traitance ce n’est pas seulement le transfert des risques, c’est l’aggravation des risques !» Et, comme d’autres, Philippe Saunier ne peut que constater que, dans la grande majorité des cas, les victimes des accidents graves sont des sous-traitants. « La sous-traitance ? c’est une délocalisation intra-muros. Une externalisation à l’interne. Un pavillon de complaisance terrestre... » « Quand une grande entreprise comme Total sous-

 

traite, ce n’est pas seulement pour réduire ses coûts. Les salariés, c’est vrai, sont souvent payés au lance-pierre, mais les intermédiaires sont bien rémunérés. La sous-traitance répond à la volonté de ne plus avoir à gérer des activités considérées comme annexes. Cela permet aussi de gérer moins de salariés. AZF gère ainsi deux fois moins de personnel qu’elle ne le devrait. » La solution pour ce syndicaliste ? « Réintégrer les sous-traitants dans l’entreprise, avec le même statut. Avoir une vraie politique de sécurité au travail. Certains disent que la question n’est pas : est-ce que ça peut ? mais quand cela va-t-il se reproduire ? Ce sont souvent les mêmes qui payent. Les salariés les moins bien lotis, et leur famille qui en général vivent autour des usines dangereuses. »

 
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