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Ils ont pris du Mediator® et ne sont pas rassurés (29/04/2011)

Émilie Blaizot, adhérente (Manche), 25 ans, est aide soignante. Elle a pris du Mediator® durant deux ans. Serge Wallard, secrétaire de la section de Cherbourg, 49 ans, est ancien infirmier et routier. Invalide, il a reçu ce médicament durant 9 mois.

Comment avez-vous appris que le Mediator® était dangereux ?

Émilie Blaizot : Je l’ai appris par les médias. Autour de moi, les médecins ne le savaient pas. Ils ne veulent pas en parler. Mon médecin traitant a tenté de me rassurer, mais il y a de quoi s’inquiéter. C’est un autre médecin, un endocrinologue, qui me l’a prescrit pour mes problèmes de surpoids.

Serge Wallard : Je l’ai aussi appris par la presse. Mon médecin traitant qui m’a sauvé la vie a toute ma confiance : il a été surpris d’apprendre que le Mediator® était prévu au début pour les personnes diabétiques. J’en ai reçu en raison de mon surpoids.

Souffrez-vous de symptômes ?

Émilie Blaizot :Aucun, pour l’instant.

Serge Wallard : J’ai eu des symptômes de crise cardiaque. Qui peut me garantir que ce n’est pas en lien avec ce médicament ? Déjà que j’ai un état de santé précaire. Je me sens anxieux. Qui peut nous rassurer au fond ? Personne !

Votre confiance a-t-elle été ébranlée à la suite de cette affaire ? Que faudrait-il faire pour la restaurer ?

Émilie Blaizot : Je ne me sens pas du tout rassurée. Les patients ne sont pas assez écoutés ni informés, ils doivent faire l’effort de chercher information et soutien au sein d’associations comme la nôtre. Il faudrait que le système soit plus clair, plus franc : pourquoi réaliser des notices de médicaments si petites ? J’ai la sensation qu’on n’est plus à l’abri de rien. C’est pour cela qu’il ne faut pas laisser passer ce genre d’affaire. Je suis même pour une réparation du préjudice moral. Quand je pense qu’on doit ramer pour obtenir les ordonnances ! Heureusement la « Sécu » a accepté de me les fournir, sinon impossible d’accéder à mon dossier médical : mon médecin n’a pas voulu m’aider. Idem de la part du pharmacien. Ce n’est pourtant pas eux que j’accuse mais Servier !

Serge Wallard : Je n’ai plus vraiment confiance. Je trouve que l’on devrait accorder plus d’importance aux médicaments que l’on distribue. Il faut les autoriser en fonction de leur efficacité et non pas de leur rentabilité. Et il ne doit plus exister de conflits d’intérêt. Aujourd’hui, on ne sait pas ce que nous réserve l’avenir, mais ce n’est sûrement pas l’argent qui va réparer notre santé. Pourtant, ce laboratoire Servier nous a induits en erreur et doit payer des dommages et intérêts.

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