Cancers professionnels : les victimes paient, les employeurs économisent, l’Etat laisse faire

L’ampleur de la sous-reconnaissance des cancers professionnels. 

Les travaux présentés par le CNRS confirment l’ampleur considérable et terrible de la sous-reconnaissance des cancers professionnels. 

Pour la FNATH, le Gouvernement ne peut plus détourner le regard : il doit agir et faire payer le coût des risques professionnels à ceux qui les génèrent, et non aux malades et à la collectivité.

Moins de 1 800 cancers d’origine professionnelle sont reconnus chaque année par la Sécurité sociale alors qu’ils seraient en réalité plusieurs dizaines de milliers. Seulement 4 % des cancers professionnels reconnus concernent des femmes.

Les travaux présentés par le CNRS le 30 septembre confirment ainsi ce que la FNATH dénonce depuis des années : les cancers professionnels sont massivement sous-reconnus et leurs victimes privées de leurs droits à réparation.

Des milliards transférés de la branche AT-MP vers la branche maladie pour couvrir l’abandon des victimes 

Cette injustice humaine se double d’une aberration financière.

La dernière commission chargée d’évaluer la sous-déclaration des accidents du travail et des maladies professionnelles estime entre 2 et 3,8 milliards d’euros par an les dépenses supportées à tort par la branche maladie qui présente déjà un déficit abyssal.

Autrement dit, des dépenses qui devraient relever du risque professionnel – et donc être financées par la branche AT-MP, alimentée par les cotisations des employeurs – restent massivement supportées par l’Assurance maladie et donc par la collectivité.

Les entreprises ne paient pas l’intégralité du coût des atteintes à la santé provoquées par le travail. La collectivité paie à leur place.

Et pendant ce temps, que propose-t-on aux assurés sociaux et aux victimes du travail ?

De réduire leurs droits aux indemnités journalières, d’en limiter le montant, d’envisager même leur fiscalisation, d’espacer les visites de médecine du travail ou encore d’augmenter les franchises médicales.

Cherchez l’erreur !

La sous-déclaration n’est plus un constat : c’est un scandale qui dure

Depuis des années, rapports, études scientifiques et expertises documentent la sous-déclaration et la sous-reconnaissance des maladies professionnelles.

Depuis des années, la FNATH demande que des mesures efficaces soient prises.

Depuis des années, les victimes attendent.

L’exemple de la silice cristalline est à lui seul édifiant. L’Anses a publié en 2019 une expertise collective mettant notamment en évidence le risque de cancer bronchopulmonaire lié à l’exposition professionnelle à la silice cristalline.

Sept ans plus tard, en 2026, le tableau de maladie professionnelle permettant de reconnaître directement ces cancers n’est toujours pas publié.

Combien de malades devront encore engager des procédures longues et complexes pour faire reconnaître l’origine professionnelle de leur cancer alors que le risque est scientifiquement établi ?

La FNATH exige que le PLFSS 2027 marque enfin une rupture

À l’occasion de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, la FNATH appelle le Gouvernement et les parlementaires à prendre leurs responsabilités.

La FNATH demande :

  • un plan national de lutte contre la sous-déclaration et la sous-reconnaissance des maladies professionnelles, avec des objectifs chiffrés et évaluables ;
  • l’accélération de la création et de la révision des tableaux de maladies professionnelles dès lors que les connaissances scientifiques établissent de nouveaux risques ;
  • la publication sans nouveau délai du tableau relatif au cancer bronchopulmonaire lié à l’exposition à la silice cristalline ;
  • un renforcement effectif de la prévention et de la traçabilité des expositions professionnelles aux agents cancérogènes ;
  • un financement par la branche AT-MP à la hauteur du coût réel des accidents du travail et maladies professionnelles aujourd’hui supporté par l’Assurance maladie.

On ne peut pas, d’un côté, demander toujours davantage d’efforts aux malades et aux victimes du travail et, de l’autre, accepter que plusieurs milliards d’euros de dépenses liées au travail continuent d’être supportés par la collectivité.

Les cancers professionnels ne sont ni une fatalité ni une dépense ordinaire de l’Assurance maladie. Ils résultent d’expositions professionnelles qui doivent être prévenues, reconnues, réparées et financées comme telles.

La FNATH demande au Gouvernement de passer enfin des constats aux actes.

Fiscalisation des IJSS AT/MP : La FNATH appelle le Gouvernement à ne pas franchir la ligne rouge

La FNATH exprime ses plus vives inquiétudes suite aux déclarations du Premier ministre dans la presse.

Au-delà de son désaccord sur les économies qui sont sans cesse exigés des assurés sociaux, des salariés, des retraités, des malades et des accidentés du travail alors que les grandes entreprises sont encore épargnées, le projet annoncé de fiscaliser les arrêts maladies en d’accident du travail ou de maladie professionnelle pose question.

Aucune victime d’un dommage corporel en France n’est imposée sur les sommes qu’elle reçoit au titre de la réparation de son dommage corporel

La FNATH rappelle que la législation des accidentés du travail, même durant l’incapacité temporaire, au moyen des indemnités journalières de sécurité sociale vise à indemniser les préjudices subis par les victimes du fait d’une violation des principes de sécurité au travail par l’employeur.

Aucune victime d’un dommage corporel en France n’est imposée sur les sommes qu’elle reçoit au titre de la réparation de son dommage corporel. Ce serait une exception inconcevable pour les accidentés de travail !

Une première atteinte à ce principe élémentaire adoptée en 2010

Une première atteinte à ce principe élémentaire avait été adoptée en 2010 avec la fiscalisation pour 50% des IJSS en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle. C’est donc une fiscalisation à 100 % qui sera exigé d’elles désormais.

Cette mesure injuste et discriminatoire constitue une ligne rouge pour tous les adhérents de la FNATH, leurs familles, et plus largement toutes les victimes d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle en France.

La sous-déclaration des maladies professionnelles coute chaque année à la branche maladie plus de 3 milliards

Alors que la sous-déclaration des maladies professionnelles des entreprises coute chaque année à la branche maladie plus de 3 milliards d’euros de dépenses indues, que le déficit de la branche maladie est abyssal, que le Gouvernement appelle à des économies de 54 milliards, rien n’est fait contre les entreprises et la branche ATMP responsables de la sinistralité professionnelle.

Bien au contraire ce sera à la victime d’un cancer professionnel, à la caissière victime d’un syndrome du canal carpien, à l’accidenté du travail sur un chantier BTP auxquels on va demander de payer la note.

La FNATH invite le Gouvernement à abandonner cette mesure qui reste indigne au plan éthique et moral.

Indemnités journalières, Arrêt maladie : plutôt que de lutter contre les vraies causes, le Gouvernement fait payer les malades !

La FNATH dénonce une nouvelle attaque contre les assurés malades. À compter du 1er octobre, des personnes en arrêt maladie de longue durée pourront perdre brutalement leurs indemnités journalières, alors même que leur état de santé ne leur permet pas de reprendre leur travail. Une mesure injuste, brutale et socialement dangereuse. Des personnes qui ont régulièrement cotisé pour ouvrir leurs droits.

La FNATH a voté contre les projets de décret qui prévoient de réduire fortement la durée de versement des indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS) pour les personnes atteintes d’une maladie nécessitant des soins prolongés, mais qui ne relève pas d’une affection de longue durée (ALD).

Aujourd’hui, lorsqu’une maladie nécessite des soins continus pendant plus de six mois, ces assurés peuvent, sous certaines conditions, percevoir leurs indemnités journalières pendant une période pouvant aller jusqu’à trois ans.

Demain, ce sera UN AN !

Et le Gouvernement entend appliquer cette mesure dès le 1er octobre, y compris aux arrêts maladie déjà en cours, sans véritable période de transition.

Du jour au lendemain, des malades pourront se retrouver sans revenu

Les conséquences sont très concrètes.

Des salariés toujours malades pourront perdre leurs indemnités journalières de Sécurité sociale. Cette perte pourra également entraîner celle des prestations de prévoyance qui complétaient leur revenu.

Que devront-ils faire s’ils ne sont toujours pas capables de travailler ?

Reprendre malgré leur état de santé ? Rester sans ressources ? Être déclarés inaptes puis licenciés ?

Ce n’est pas une politique de santé. C’est une politique de précarisation des malades.

Chaque année, environ 130 000 salariés sont déjà licenciés pour inaptitude. Avec cette réforme, combien viendront grossir leurs rangs ?

Les malades ne sont pas des fraudeurs

Une fois encore, le Gouvernement choisit de regarder les arrêts maladie sous l’angle du coût et du soupçon.

La FNATH refuse cette logique.

Parmi les personnes concernées figurent notamment des salariés atteints de troubles musculosquelettiques (TMS) liés à leur activité professionnelle. D’autres sont confrontés à des troubles psychiques, parfois liés aux conditions de travail, qui peuvent rendre toute reprise professionnelle impossible pendant de longs mois.

Le problème n’est donc pas que ces salariés seraient trop longtemps indemnisés. Le problème est aussi que de nombreuses maladies liées au travail ne sont pas déclarées et reconnues comme telles, et parmi elles il faut compter également les cas de cancers dont l’origine professionnelle n’a pas été reconnue.

La sous-déclaration des TMS est massive. Elle est estimée entre 50 % et 75 % selon les pathologies concernées : épaule, coude, rachis lombaire ou syndrome du canal carpien. Les cancers attribuables à des factures professionnels sont évalués entre 11 000 et 34 000 alors que moins de 1 800 sont reconnus officiellement.

Conséquence : des dépenses qui devraient relever de la branche accidents du travail – maladies professionnelles (AT-MP), financée par les employeurs, sont supportées à tort par l’Assurance maladie.

Le coût de ce transfert a été évalué entre 2 et 4 milliards d’euros par an, et 60 000 à 130 000 personnes pourraient être concernées par les seules TMS.

La double peine

Face à cette situation, le Gouvernement aurait pu décider de s’attaquer résolument à la sous-déclaration des maladies professionnelles, de renforcer leur reconnaissance et de faire supporter leur coût par ceux à qui il revient. Il aurait ainsi pu renforcer la lutte contre les fraudes des professionnels de santé, les fraudes aux cotisations ou encore les fraudes aux prestations sociales.

Il choisit exactement l’inverse.

Parce que ces salariés malades apparaissent dans les comptes de l’Assurance maladie avec des arrêts jugés trop longs, le Gouvernement décide de réduire leur indemnisation.

Autrement dit : on ne reconnaît pas suffisamment l’origine professionnelle de leur maladie, puis on leur reproche d’être trop longtemps en arrêt. En un mot, le Gouvernement choisit la facilité : faire payer les malades et les plus fragiles.

C’est la double peine !

La FNATH refuse que les économies de la Sécurité sociale soient réalisées sur le dos de personnes malades qui ne sont pas en capacité de reprendre leur emploi.

Faire des économies en supprimant les revenus de malades ne constitue pas une réforme. C’est un choix politique. Et la FNATH le combattra !

La FNATH demande au Gouvernement de renoncer à l’application de cette mesure au 1er octobre, de garantir les droits des personnes actuellement en arrêt et d’engager enfin une politique déterminée de lutte contre la sous-déclaration des accidents du travail et des maladies professionnelles.

Les malades ne doivent pas payer pour les défaillances du système. Les économies ne doivent pas se faire sur leur santé, leurs revenus et leur emploi.

La FNATH dénonce une attaque contre la protection sociale

Franchises médicales : La FNATH va saisir le Conseil d’Etat

Le Gouvernement souhaite imposer la branche AT-MP

Arrêts maladie limités à 31 jours : Un nouvelle « usine à gaz » qui porte atteinte au pouvoir d’achat des malades

Plafonnement de la durée initiale des arrêts maladie

La FNATH dénonce les réponses inefficaces du Gouvernement dans le traitement des arrêts de travail avec la publication du décret relatif au plafonnement de la durée initiale des arrêts maladie à 31 jours, puis à 62 jours en cas de renouvellement.

Une fois encore au lieu de s’attaquer aux vraies causes de l’augmentation des arrêts maladie, le Gouvernement ajoute une usine à gaz supplémentaire qui pèsera sur les malades, les médecins et les entreprises.

Assurés sociaux = fraudeurs, profiteurs et irresponsables.

Une fois encore les assurés sociaux sont traités, par principe, comme des fraudeurs, des profiteurs et des irresponsables.

Le Gouvernement refuse l’évidence des études les plus récentes qui démontrent que l’augmentation de la dépense publique relatives aux arrêts de travail, au-delà de l’augmentation du SMIC et de la masse salariale, s’explique par :

  • La dégradation de la santé mentale chez les jeunes et les femmes
  • Le recul de l’âge de la retraite et des dispositifs inefficaces de lutte contre les pénibilités
  • La détérioration des conditions de travail et l’explosion des maladies professionnelles

Un seuil qui n’est pas fixé par hasard

Rappelons (voir notre communiqué de presse du 29 avril 2026) que le seuil des 30 jours n’est pas fixé par hasard puisque le montant de l’IJSS passe de 50 % à 80 % du salaire journalier au terme des 28 premiers jours pour les accidentés du travail, et de 50 % à 60% du salaire journalier au terme des 30 premiers jours pour les assurés en maladie non professionnelle.

Pour le Gouvernement il s’agit donc de réduire le niveau d’indemnisation et donc le pouvoir d’achat des malades ou des accidentés.

4 ans d’indemnisation maximum en cas d’accident du travail

Enfin limiter à quatre ans la durée d’indemnisation des victimes du travail, c’est ignorer que certains malades d’un cancer professionnel ne disposeront plus d’IJSS alors que des soins seront encore délivrés. C’est une atteinte inacceptable au droit à indemnisation des victimes.

Pour la FNATH, l’accumulation, ces derniers mois, des lois et des décrets qui attaquent le droit à un congé maladie accélère grandement la précarité sociale et porte atteinte au pacte républicain de la Sécurité sociale, tout en dégradant plus encore la santé des assurés sociaux.

Arrêts maladie : La FNATH dénonce une campagne de stigmatisation des assurés sociaux !

Accidents mortels de jeunes travailleurs : La FNATH appelle à une mobilisation générale pour la prévention et la protection des apprentis

La succession récente d’accidents mortels impliquant de très jeunes travailleurs et apprentis constitue un signal d’alarme majeur.

Ces drames humains interrogent sur l’effectivité des obligations de sécurité qui s’imposent aux employeurs, aux organismes de formation et à l’ensemble des acteurs de la prévention.

Manque d’expérience, méconnaissance des dangers, encadrement insuffisant.

Pour la FNATH, ces événements ne peuvent être considérés comme de simples faits divers. Ils rappellent avec brutalité que les jeunes travailleurs demeurent particulièrement vulnérables face aux risques professionnels, en raison de leur manque d’expérience, de leur méconnaissance des dangers et parfois d’un encadrement insuffisant.

Depuis plus de cent ans, la FNATH accompagne les victimes d’accidents du travail, de maladies professionnelles et leurs familles. Forte de cette expérience de terrain, elle constate que la prévention ne peut être une variable d’ajustement. Lorsqu’il s’agit de jeunes en formation ou en insertion professionnelle, l’exigence de sécurité doit être renforcée et faire l’objet d’une vigilance constante.

Des protections spécifiques pour les jeunes travailleurs et les apprentis

La FNATH rappelle que la réglementation prévoit déjà des protections spécifiques pour les jeunes travailleurs et les apprentis. Encore faut-il que celles-ci soient effectivement appliquées, contrôlées et évaluées. La transmission des savoir-faire professionnels ne peut se faire au détriment de la santé et de la vie de celles et ceux qui entrent dans le monde du travail.

 Face à cette situation préoccupante, la FNATH demande :

  • un renforcement des actions de prévention et de sensibilisation auprès des jeunes, des établissements de formation et des entreprises accueillant des apprentis ;
  • un contrôle accru du respect des règles de sécurité applicables aux jeunes travailleurs et une politique pénale ferme qui protège les victimes et poursuit les auteurs d’infractions à la législation du travail ;
  • une meilleure formation des maîtres d’apprentissage et des tuteurs aux enjeux de prévention des risques professionnels ;
  • une analyse approfondie des circonstances de ces accidents afin d’en tirer toutes les conséquences utiles pour éviter leur répétition.

La FNATH appelle les pouvoirs publics, les partenaires sociaux, les branches professionnelles et les organismes de formation à faire de la protection des jeunes travailleurs une priorité nationale.

Chaque accident grave ou mortel touchant un jeune travailleur est un échec collectif. La société ne peut accepter que l’entrée dans la vie professionnelle se transforme en drame. La prévention doit être au cœur de toutes les politiques d’emploi et de formation.

La FNATH continuera à porter la voix des victimes et de leurs familles, à défendre leurs droits et à agir pour que le travail ne coûte plus la vie.

Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail

 Chaque 28 avril, le monde commémore les travailleuses et les travailleurs morts ou blessés au travail. En France, cette journée est loin d’être symbolique. Les chiffres publiés par l’Assurance maladie pour 2024 sont accablants. La FNATH, association des accidentés de la vie, les reçoit avec indignation, et persévère dans son action avec la détermination intacte de ceux qui accompagnent les victimes depuis plus de 100 ans.

764 morts en 2024 : un nouveau record, une honte nationale

En 2024, 764 personnes sont décédées à la suite d’un accident du travail dans le seul secteur privé, soit un record depuis 2018. Cela représente plus de deux morts par jour. Au total, en intégrant les accidents de trajet et les maladies professionnelles, ce sont 1 297 décès liés au travail qui ont été recensés sur l’année ; et encore, ces chiffres excluent les salariés agricoles, les fonctionnaires et de nombreux travailleurs indépendants, mais également la sous déclarations des accidents du travail et des maladies professionnelles.

Ce bilan révèle une réalité que la FNATH dénonce sans relâche, celle d’accidents trop souvent graves, survenant dans des contextes de travail intensifié et de prévention insuffisante. Plus de 20 % des décès frappent des travailleurs dans leur première année de poste. Pour les moins de 25 ans, cette proportion dépasse la moitié. Comble de l’horreur, c’est un élève de 15 ans d’un lycée professionnel du Gard qui est décédé vendredi dernier écrasé par un chariot élévateur sur son lieu de stage d’observation dans une entreprise de BTP. Ce n’est pas une fatalité. C’est le résultat d’un manque criant de formation et d’accompagnement, mais surtout d’absence de volonté politique d’investir dans la santé au travail depuis des années

Il ne suffit pas d’annoncer, à chaque drame humain, un nouveau plan ou une énième mission flash. La FNATH en a assez de ces effets d’annonce à répétition alors que les effectifs des inspecteurs du travail ont fondu au soleil, que les plaintes au pénal n’aboutissent au compte-gouttes, sans parler de ces milliers de livreurs qui sont traités comme des esclaves des temps modernes.

Les maladies professionnelles : une explosion que personne ne veut voir

Les maladies professionnelles continuent également leur progression alarmante : +6,7 % en 2024. Les troubles musculo-squelettiques augmentent de 6,6 %, les affections liées à l’amiante de 8,5 %. Mais c’est la progression des pathologies psychiques qui devrait alerter en priorité les pouvoirs publics : +9 % en un an, et un doublement depuis 2020. Des milliers de travailleurs brisés par leurs conditions de travail, dont beaucoup peinent encore à faire reconnaître l’origine professionnelle de leurs troubles.

Cette année, l’OIT a choisi de placer la Journée mondiale sous le signe de la santé psychosociale au travail, avec le thème « Agissons pour un environnement de travail psychosocial sain ». La FNATH salue ce choix, tout en rappelant que ces intentions internationales, toute louables soient-elles, ne suffisent pas. En France, la sous-déclaration des maladies professionnelles reste massive, et les victimes de risques psychosociaux continuent de se heurter à des parcours de reconnaissance épuisants, souvent solitaires, pour, au final ne pas recevoir une juste indemnisation.

Pour la FNATH il ne suffit pas d’installer une table de ping-pong dans l’entreprise et de faire de la qualité de vie au travail le « green-washing » de la santé au travail.

La FNATH exige plus d’actes, et moins de commémorations. Elle exige que les victimes d’une infraction au droit du travail soient traitées comme toutes les autres victimes.

Depuis plus d’un siècle, la FNATH est aux côtés des victimes d’accidents du travail et de maladies professionnelles pour les informer, les défendre et les accompagner dans leurs démarches. Elle connaît, mieux que quiconque, le prix humain de l’inaction.

À l’occasion de ce 28 avril, la FNATH appelle le gouvernement à revenir sur ses annonces récentes, et les pouvoirs publics à passer enfin des discours aux actes : renforcer massivement la prévention dans les entreprises, garantir une reconnaissance juste et rapide des maladies professionnelles, améliorer l’indemnisation des victimes dont les droits restent sous-évalués, et mettre un terme à la sous-déclaration des accidents et maladies du travail.

Parce que derrière chaque statistique, il y a une personne, une famille, une vie abîmée par un travail qui aurait dû la protéger, la FNATH restera mobilisée.