Fiscalisation des IJSS AT/MP : La FNATH appelle le Gouvernement à ne pas franchir la ligne rouge

La FNATH exprime ses plus vives inquiétudes suite aux déclarations du Premier ministre dans la presse.

Au-delà de son désaccord sur les économies qui sont sans cesse exigés des assurés sociaux, des salariés, des retraités, des malades et des accidentés du travail alors que les grandes entreprises sont encore épargnées, le projet annoncé de fiscaliser les arrêts maladies en d’accident du travail ou de maladie professionnelle pose question.

Aucune victime d’un dommage corporel en France n’est imposée sur les sommes qu’elle reçoit au titre de la réparation de son dommage corporel

La FNATH rappelle que la législation des accidentés du travail, même durant l’incapacité temporaire, au moyen des indemnités journalières de sécurité sociale vise à indemniser les préjudices subis par les victimes du fait d’une violation des principes de sécurité au travail par l’employeur.

Aucune victime d’un dommage corporel en France n’est imposée sur les sommes qu’elle reçoit au titre de la réparation de son dommage corporel. Ce serait une exception inconcevable pour les accidentés de travail !

Une première atteinte à ce principe élémentaire adoptée en 2010

Une première atteinte à ce principe élémentaire avait été adoptée en 2010 avec la fiscalisation pour 50% des IJSS en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle. C’est donc une fiscalisation à 100 % qui sera exigé d’elles désormais.

Cette mesure injuste et discriminatoire constitue une ligne rouge pour tous les adhérents de la FNATH, leurs familles, et plus largement toutes les victimes d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle en France.

La sous-déclaration des maladies professionnelles coute chaque année à la branche maladie plus de 3 milliards

Alors que la sous-déclaration des maladies professionnelles des entreprises coute chaque année à la branche maladie plus de 3 milliards d’euros de dépenses indues, que le déficit de la branche maladie est abyssal, que le Gouvernement appelle à des économies de 54 milliards, rien n’est fait contre les entreprises et la branche ATMP responsables de la sinistralité professionnelle.

Bien au contraire ce sera à la victime d’un cancer professionnel, à la caissière victime d’un syndrome du canal carpien, à l’accidenté du travail sur un chantier BTP auxquels on va demander de payer la note.

La FNATH invite le Gouvernement à abandonner cette mesure qui reste indigne au plan éthique et moral.

Indemnités journalières, Arrêt maladie : plutôt que de lutter contre les vraies causes, le Gouvernement fait payer les malades !

La FNATH dénonce une nouvelle attaque contre les assurés malades. À compter du 1er octobre, des personnes en arrêt maladie de longue durée pourront perdre brutalement leurs indemnités journalières, alors même que leur état de santé ne leur permet pas de reprendre leur travail. Une mesure injuste, brutale et socialement dangereuse. Des personnes qui ont régulièrement cotisé pour ouvrir leurs droits.

La FNATH a voté contre les projets de décret qui prévoient de réduire fortement la durée de versement des indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS) pour les personnes atteintes d’une maladie nécessitant des soins prolongés, mais qui ne relève pas d’une affection de longue durée (ALD).

Aujourd’hui, lorsqu’une maladie nécessite des soins continus pendant plus de six mois, ces assurés peuvent, sous certaines conditions, percevoir leurs indemnités journalières pendant une période pouvant aller jusqu’à trois ans.

Demain, ce sera UN AN !

Et le Gouvernement entend appliquer cette mesure dès le 1er octobre, y compris aux arrêts maladie déjà en cours, sans véritable période de transition.

Du jour au lendemain, des malades pourront se retrouver sans revenu

Les conséquences sont très concrètes.

Des salariés toujours malades pourront perdre leurs indemnités journalières de Sécurité sociale. Cette perte pourra également entraîner celle des prestations de prévoyance qui complétaient leur revenu.

Que devront-ils faire s’ils ne sont toujours pas capables de travailler ?

Reprendre malgré leur état de santé ? Rester sans ressources ? Être déclarés inaptes puis licenciés ?

Ce n’est pas une politique de santé. C’est une politique de précarisation des malades.

Chaque année, environ 130 000 salariés sont déjà licenciés pour inaptitude. Avec cette réforme, combien viendront grossir leurs rangs ?

Les malades ne sont pas des fraudeurs

Une fois encore, le Gouvernement choisit de regarder les arrêts maladie sous l’angle du coût et du soupçon.

La FNATH refuse cette logique.

Parmi les personnes concernées figurent notamment des salariés atteints de troubles musculosquelettiques (TMS) liés à leur activité professionnelle. D’autres sont confrontés à des troubles psychiques, parfois liés aux conditions de travail, qui peuvent rendre toute reprise professionnelle impossible pendant de longs mois.

Le problème n’est donc pas que ces salariés seraient trop longtemps indemnisés. Le problème est aussi que de nombreuses maladies liées au travail ne sont pas déclarées et reconnues comme telles, et parmi elles il faut compter également les cas de cancers dont l’origine professionnelle n’a pas été reconnue.

La sous-déclaration des TMS est massive. Elle est estimée entre 50 % et 75 % selon les pathologies concernées : épaule, coude, rachis lombaire ou syndrome du canal carpien. Les cancers attribuables à des factures professionnels sont évalués entre 11 000 et 34 000 alors que moins de 1 800 sont reconnus officiellement.

Conséquence : des dépenses qui devraient relever de la branche accidents du travail – maladies professionnelles (AT-MP), financée par les employeurs, sont supportées à tort par l’Assurance maladie.

Le coût de ce transfert a été évalué entre 2 et 4 milliards d’euros par an, et 60 000 à 130 000 personnes pourraient être concernées par les seules TMS.

La double peine

Face à cette situation, le Gouvernement aurait pu décider de s’attaquer résolument à la sous-déclaration des maladies professionnelles, de renforcer leur reconnaissance et de faire supporter leur coût par ceux à qui il revient. Il aurait ainsi pu renforcer la lutte contre les fraudes des professionnels de santé, les fraudes aux cotisations ou encore les fraudes aux prestations sociales.

Il choisit exactement l’inverse.

Parce que ces salariés malades apparaissent dans les comptes de l’Assurance maladie avec des arrêts jugés trop longs, le Gouvernement décide de réduire leur indemnisation.

Autrement dit : on ne reconnaît pas suffisamment l’origine professionnelle de leur maladie, puis on leur reproche d’être trop longtemps en arrêt. En un mot, le Gouvernement choisit la facilité : faire payer les malades et les plus fragiles.

C’est la double peine !

La FNATH refuse que les économies de la Sécurité sociale soient réalisées sur le dos de personnes malades qui ne sont pas en capacité de reprendre leur emploi.

Faire des économies en supprimant les revenus de malades ne constitue pas une réforme. C’est un choix politique. Et la FNATH le combattra !

La FNATH demande au Gouvernement de renoncer à l’application de cette mesure au 1er octobre, de garantir les droits des personnes actuellement en arrêt et d’engager enfin une politique déterminée de lutte contre la sous-déclaration des accidents du travail et des maladies professionnelles.

Les malades ne doivent pas payer pour les défaillances du système. Les économies ne doivent pas se faire sur leur santé, leurs revenus et leur emploi.

La FNATH dénonce une attaque contre la protection sociale

Franchises médicales : La FNATH va saisir le Conseil d’Etat

Le Gouvernement souhaite imposer la branche AT-MP

Le Gouvernement veut réduire les droits des victimes d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle

La FNATH alerte sur les projets du Gouvernement qui souhaite imposer à la branche Accident du travail – maladie professionnelle une économie immédiate et massive de 800 millions d’euros.

La réduction du montant de l’indemnisation d’un arrêt de travail après un accident du travail ou dans la suite d’une maladie professionnelle ou encore l’imposition des indemnités journalières versées au cours d’un arrêt pour accident du travail ou d’une maladie professionnelle sont parmi les pistes qui sont évoquées.

La FNATH, association des accidentés de la vie condamne ces annonces qui font porter, à nouveau, sur les travailleuses et travailleurs la charge de combler les déficits publics, lesquels ont été causés par une gestion désastreuse des finances de la protection sociale.

En moins de deux ans, les attaques contre les droits durement acquis des victimes du travail se sont multipliées.

La FNATH exprime son écœurement face une idéologie libérale qui méprise la vie de ceux qui ont perdu leur santé au travail et porte atteinte au pouvoir d’achat des personnes accidentées, malades, ou handicapées du fait d’un risque professionnel.

La FNATH dénonce une politique de communication fait d’effets d’annonces, laquelle il y a 15 jours promet d’investir dans la prévention des accidents du travail et des maladies professionnels avec le plan santé au travail, et qui, aujourd’hui, décide de revenir ses des droits acquis depuis des décennies.

Il faut rappeler qu’un accidenté du travail ou une personne atteinte d’un cancer professionnel n’est en rien responsable de son arrêt de travail et que la justice sociale commande de réparer les préjudices qu’il subit. Il faut rappeler que les montants versés des rentes ATMP sont, d’ores et déjà, insuffisantes à protéger les assurés sociaux d’une entrée dans la précarité sociale [1].

Il n’y a pas assez de pauvres en France et il faut encore en ajouter en réduisant, cette fois, les indemnisations versées aux victimes du travail ?

Pour la FNATH, la ligne rouge est franchie dans l’immoralité et l’incompétence mais surtout dans l’absence totale de reconnaissance pour celles et ceux qui ont donné leur santé pour produire de la richesse nationale.

[1] L’indemnisation des accidents du travail avec incapacité permanente compense-t-elle leurs conséquences financières ? LES DOSSIERS DE LA DREES N° 117, paru le 11/04/2024.

IJSS : La FNATH vote contre des projets de décrets qui portent atteinte aux droits des malades

La logique du Gouvernement est claire : réduire l’indemnisation des arrêts maladie au mépris de la liberté de prescription des médecins et de la santé des personnes malades ou accidentées.

Le projet de décret est pris en application de l’article 81 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 qui prévoit que les médecins, les sages-femmes et les chirurgiens-dentistes doivent préciser, sur la prescription d’un arrêt de travail donnant lieu à l’octroi d’indemnités journalières, la durée de l’interruption de travail, qui ne peut excéder un plafond qui ne pourra être inférieur à un mois pour une première prescription et à deux mois pour une prolongation de prescription.

Le seuil des 30 jours n’est pas fixé par hasard puisque le montant de l’IJSS passe de 50 % à 80 % du salaire journalier au terme des 28 premiers jours pour les accidentés du travail, et de 50 % à 60% du salaire journalier au terme des 30 premiers jours pour les assurés en maladie non professionnelle.

Ce n’est donc pas que le nombre des arrêts maladie que le Gouvernement veut réduire mais aussi le niveau d’indemnisation et donc le pouvoir d’achat des malades ou des accidentés.

Pour la FNATH, l’accumulation, ces derniers mois, des lois et des décrets qui attaquent le droit à un congé maladie accélère grandement la précarité sociale et porte atteinte au pacte républicain de la Sécurité sociale, tout en dégradant plus encore la santé des assurés sociaux.

Plan du Gouvernement pour réduire les arrêts de travail : La FNATH dénonce un deux poids, deux mesures !

Arrêts maladie : La FNATH dénonce une campagne de stigmatisation des assurés sociaux !

Timbre Fiscal à 50 euros : La FNATH dénonce une barrière supplémentaire pour les victimes du travail

Depuis le 1er mars 2026, toute personne souhaitant saisir un tribunal judiciaire ou un conseil de prud’hommes doit désormais payer un timbre fiscal de 50 euros.

Faire payer l’accès au juge à celles et ceux qui en ont le plus besoin

Derrière cette mesure issue de la loi de finances pour 2026, une réalité brutale : faire payer l’accès au juge à celles et ceux qui en ont le plus besoin.

Chaque année, la FNATH accompagne des milliers d’accidentés du travail, de victimes de maladies professionnelles et de personnes en situation de handicap dans des procédures souvent vitales : contester un taux d’incapacité, faire reconnaître une maladie professionnelle, obtenir une indemnisation juste.

La justice sociale devait rester accessible à tous.

Jusqu’ici, ces démarches relevaient d’un principe simple : la justice sociale devait rester accessible à tous. Ce principe est aujourd’hui remis en cause.

Pour les personnes que nous accompagnons, 50 euros ne sont pas un détail. Ce sont des personnes en arrêt de travail, en invalidité, parfois privées d’emploi, qui vivent déjà avec des ressources fragilisées. Beaucoup se situent dans cette « zone grise » trop riches pour l’aide juridictionnelle, trop précaires pour absorber un coût supplémentaire. Leur demander de payer pour saisir la justice revient, concrètement, à les dissuader d’y recourir !

Cette mesure n’est pas une expérimentation innocente. Il s’agit d’une erreur déjà commise, et dont les effets sont connus.

Un droit de timbre de 35 euros avait déjà été instauré en 2011. Il avait provoqué une baisse de 13 % des saisines dans les contentieux de faible montant, avant d’être supprimé en 2014. Aujourd’hui, le gouvernement réintroduit ce dispositif avec un montant encore plus élevé. Les conséquences sont connues d’avance : moins de recours, moins de droits reconnus, plus d’injustices silencieuses.

Faire payer le droit au recours représente une injustice supplémentaire.

Pour un accidenté du travail ou une victime de maladie professionnelle, saisir la justice n’est pas un confort ni une stratégie. C’est souvent le dernier recours face à une décision contestée ou à une indemnisation insuffisante.

Conditionner l’exercice de ce droit fondamental à un paiement préalable revient à envoyer un message inacceptable : le droit d’être entendu par un juge aurait désormais un prix. La FNATH refuse cette logique. Faire payer l’accès à la justice sociale, c’est fragiliser encore davantage des personnes déjà éprouvées par un accident, une maladie ou une perte d’autonomie.

La FNATH dénonce avec force l’instauration de ce timbre fiscal et en demande l’abrogation.

La gratuité de la justice constitue un principe fondamental. L’exonération réservée aux seuls bénéficiaires de l’aide juridictionnelle est largement insuffisante : elle laisse de côté des milliers d’accidentés et d’invalides déjà en difficulté. En outre, l’absence de modulation selon les revenus rend cette contribution profondément inégalitaire, en particulier dans des contentieux où l’avocat n’est pas obligatoire et où ce paiement constitue un obstacle direct à l’accès au juge.

Face à cette remise en cause de l’accès au droit, la FNATH entend mobiliser tous les leviers disponibles, y compris juridiques, et appelle les parlementaires à mettre fin à cette mesure injuste, qui fait peser sur les accidentés de la vie le coût d’un droit qui devrait rester universel.

Décret “Aller-vers” : la FNATH dénonce une nouvelle fois un retard inacceptable

Un dispositif, baptisé “décret aller-vers”, devait incarner une politique proactive d’accès à l’indemnisation pour les victimes de l’amiante.

En 2023, le Parlement votait dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2024 une mesure simple et de bon sens : permettre au Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante (FIVA) de contacter directement les victimes d’une exposition aux poussières de l’amiante, pour leur faciliter l’accès à leurs droits.

Ce dispositif, baptisé “décret aller-vers”, devait incarner une politique proactive d’accès à l’indemnisation pour les victimes de l’amiante.

 DEUX ANS plus tard… rien n’a bougé ! Le décret d’application n’a toujours pas été publié.

 La FNATH dénonce cette inertie inacceptable, symbole d’un désintérêt total pour les victimes.

Pendant ce temps, des milliers de victimes continuent d’attendre et certaines sont déjà décédées sans avoir pu bénéficier de ce dispositif !

Les parlementaires qui ont voté cette avancée doivent être informés qu’elle est restée lettre morte.

Mépris des victimes et de leurs familles,

Pour en finir avec ce mépris des victimes et de leurs familles, il est temps enfin de passer aux actes par la publication immédiate du décret “aller-vers”.