Le Premier ministre, Jean Castex, a présenté mercredi 15 juillet devant l’Assemblée nationale la feuille de route du nouveau Gouvernement dans son discours de politique générale. Il a fait de la lutte contre le chômage « la priorité absolue des 18 prochains mois ». Il a précisé que « la première urgence » sera les jeunes, qui sont « les premiers touchés par la crise » et qu’un « plan jeunesse sera discuté avec les partenaires sociaux ».

Sans nier l’absolue nécessité d’un plan envers la jeunesse, la FNATH demande que l’emploi, la formation et le maintien dans l’emploi des personnes en situation de handicap fassent l’objet de toutes les attentions du Premier Ministre et de la Ministre du Travail, de l’emploi et de l’insertion, Madame Élisabeth Borne.

En effet, les travailleurs handicapés sont aujourd’hui deux fois plus au chômage que le reste des demandeurs d’emploi. De plus, le handicap, selon le dernier rapport du défenseur des droits est la première cause de discrimination, et les saisines de ce dernier sur cette question sont majoritairement liées à l’emploi. La gravité de la crise que nous subissons sera, si rien n’est fait, un nouvel accélérateur de ces inégalités.

Si l’absence de Ministre délégué au handicap nous questionne et nous inquiète même, l’annonce du Premier ministre de la tenue prochaine d’une conférence nationale du handicap est pour la FNATH un signal positif dont nous souhaitons d’ores et déjà nous saisir en faisant des propositions pour que les personnes en situation de handicap ne soient pas les sacrifiées de cette crise.

Il reste que le Gouvernement doit absolument, dès à présent, intégrer dans son plan de lutte contre le chômage les spécificités des personnes en situation de handicap.

Il est ainsi envisagées des mesures dans le cadre du plan pour l’emploi des jeunes (prime à l’embauche prendra la forme d’un versement trimestriel de 1.000 euros / 300.000 « parcours et contrats d’insertion » / 100.000 places supplémentaires en service civique, dans les six mois).

De même, la priorité des priorités pour le Gouvernement et au surplus, devant la crise sociale qui s’annonce, est de mettre sous contrôle l’hémorragie silencieuse des licenciements pour inaptitude.

La FNATH appelle instamment le Gouvernement à prendre la mesure de cette machine à fabriquer de la précarité et de l’exclusion, dans un climat qui entretient la culture de l’ignorance sur ce sujet majeur pour l’emploi des personnes en situation de handicap acquis au cours de la vie, après une maladie, un accident, un état d’usure (professionnelle ou non).

Le chiffre de 70 000 personnes licenciées par inaptitude par an au plan national est en général retenu par les derniers rapports.

Suite à une expérimentation réalisée à l’initiative de Pôle emploi sur 5 régions mobilisant des conseillers, choisis, pour la partie Rhône-Alpes de la région AURA, parmi les référents handicap, le nombre des licenciements pour inaptitude était supérieur à 10 000 sur la seule Région en 2016.

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