Monsieur le Ministre de la justice : votre plan d’action n’est pas à la hauteur des attentes…

La FNATH a pris connaissance de la présentation du plan d’action issu des états généraux de la Justice dévoilé ce jour.

Si elle a bien conscience de l’immensité de la tâche à accomplir, après des années d’abandon et de sous financement, mais également du caractère innombrable des sujets à traiter, elle déplore que les accidentés du travail et les personnes handicapées restent les grands oubliés de ce « plan d’action ». Il est d’ailleurs très signifiant que la personne handicapée ne soit envisagée par le Ministère de la Justice que sous le seul angle des majeurs protégés ; Ceci ne répond pas, et de loin, aux enjeux et aux besoins d’une Justice adaptée et accessible conforme aux engagements internationaux de la France.

 Ce n’est pas faute pour la FNATH d’avoir adressé nombre de courriers au Ministre qui n’a même jamais daigné y répondre. On pourrait se laisser à penser que la justice pour les plus fragiles et les plus éloignés du Juge n’intéresse pas le Ministre.

On doit, en effet regretter l’indigence des annonces dès qu’il est question de Justice sociale qui se cantonnent aux seuls conseils des prud’hommes en ne disant pas un mot des autres juridictions du pôle social (ex TASS et TCI) dont les conditions de travail sont les plus pénibles et les moins pourvus en moyens, alors qu’elles conditionnent la situation sociale de milliers de personnes.

Aucune réflexion non plus sur les modes alternatifs de règlement des conflits pour ces publics précarisés au sein desquels les associations de la société civile ont un rôle à jouer.

De même, pas un mot sur les accidentés du travail qui sont victimes d’infractions pénales et pour lesquelles il n’existe pas de politique pénale dédiée et encore moins d’accompagnement, y compris lorsqu’il s’agit d’accidents professionnels collectifs. 

Pas un mot non plus au sujet de la santé mentale en prison et du handicap psychique chez les détenus alors que nous sommes en face d’une problématique de santé publique majeure, tant durant l’incarcération que pour lors de la réinsertion, et que la France ignore royalement ce sujet depuis des décennies.

Enfin, s’agissant des conditions de travail des magistrats, fonctionnaires et agents (Justice et Pénitentiaire), la FNATH rappelle que s’il n’est pas critiquable de vouloir promouvoir la « qualité de vie au travail », c’est d’abord le sujet central de la santé au travail en tant que telle – et notamment des risques psychosociaux – ainsi que des conditions et organisations du travail qui doivent devenir une priorité de l’administration.

Pour autant, la FNATH se tient toujours à la disposition du Ministre s’il juge utile d’intégrer ces sujets dans la mise en œuvre de son plan d’action.

Déconjugalisation de l’AAH : enfin votée !!

 La FNATH se réjouit de l’adoption à l’unanimité de l’amendement actant la déconjugalisation de l’AAH. Cette avancée significative était attendue de longue date par la FNATH.

Un décret d’application à paraître… en 2023

Le décret d’application qui précisera les modalités de mise en œuvre paraîtra au plus tard en octobre 2023. La FNATH sera particulièrement attentive à sa construction et demande à être partie prenante afin que la déconjugalisation constitue une réelle indépendance financière pour les personnes.

Et pour les autres prestations soumises au revenu du conjoint ?

Toutefois, la FNATH regrette que cette disposition ne s’applique qu’à la seule AAH et non pas aux autres prestations soumises au revenu du conjoint, créant ainsi une iniquité entre les personnes.

Cumul AAH et emploi

Pour la FNATH la parution éloignée du décret d’application doit permettre d’aller plus loin en travaillant la question du cumul AAH et emploi. En effet, les dispositions d’attribution de l’AAH ne sont aujourd’hui pas incitatives pour les personnes qui souhaitent reprendre un emploi.

De même, le décret à paraître concernant la transformation des ESAT, qui permettra de cumuler un emploi en milieu ordinaire et un emploi en milieu protégé ne pourra se mettre en place que si ce cumul emploi/ressources est revu.

La FNATH espère que la navette parlementaire permettra des améliorations.

Attentats de 2015 : un verdict exemplaire

Au terme du procès historique des attentats du 13 novembre 2015 devant la cour d’assises spéciale, la FNATH salue l’œuvre de Justice qui s’est tenue et qui conforte tous les citoyens dans nos principes démocratiques d’un État de droit.

Le courage dont ont fait preuve toutes les victimes et leurs familles, atteintes dans leurs corps et leurs âmes, reste exemplaire.

La FNATH, ses adhérents et leurs familles, au-delà d’un soutien fraternel, forment le vœu qu’elles puissent désormais poursuivre le chemin d’une reconstruction personnelle et sociale apaisée.

Hommage national aux victimes du terrorisme

Lancement d’une nouvelle action collective Levothyrox

Deux associations s’unissent pour obtenir l’indemnisation de près de 1 million de malades.

Conférence de presse : Jeudi 7 juillet 2022 à 10h30

C’est une procédure inédite, innovante et exceptionnelle qui est lancée contre MERCK.

Cette fois, ce sont les filiales françaises et la maison-mère allemande qui sont concernées.

L’enjeu est simple : récupérer environ 1 milliard d’euros afin d’indemniser toutes les victimes.

Participeront à cette conférence de presse :

Madame Nadine HERRERRO, présidente de la FNATH

Madame Beate BARTES, présidente de VIVRE SANS THYROIDE  81

Elles ont confié à Christophe Lèguevaques , Avocat au barreau de Paris le soin de porter ce recours.

Situation :

A la demande de deux associations (FNATH et Vivre sans thyroïde), il a été décidé de lancer une nouvelle action collective dans le dossier LEVOTHYROX.

Mais cette action diffère de la précédente sur plusieurs points

A ce stade, les bénéficiaires n’ont pas besoin de s’inscrire, car la procédure est portée par les associations.

Par son arrêt du 16 mars 2022, la Cour de cassation a reconnu que MERCK a commis une faute (un défaut d’information) qui a occasionné un préjudice MORAL temporaire évalué que la Cour d’appel de Lyon a évalué à 1.000 € par demandeurs.

Ce préjudice moral (les angoisses et incertitudes et l’errance diagnostique provoqués par le fait que les patients ne savaient même pas que leur médicament avait changé) ne concerne pas les autres préjudices, notamment corporels, qui seront traités dans le cadre de la procédure pénale toujours devant les juges d’instruction de Marseille.

Cet arrêt est définitif et MERCK ne peut plus ni contester sa faute ni l’évaluation du préjudice.

Mais l’indemnisation n’a concerné que 3.330 demandeurs.

Pourtant, si l’on en croit les chiffres de la Sécurité sociale, entre 2017 et 2018, c’est près d’un million de malades qui ont abandonné le LEVOTHYROX pour migrer vers d’autres spécialités.

Comme le système judiciaire ne peut pas et ne sait pas traiter un dossier avec un million de demandeurs, nous allons proposer à la justice une solution simple, efficace et rapide.

Phase 1

– Les associations demandent la condamnation du groupe MERCK à payer 1 milliard d’euros qui sera placé dans une fiducie (équivalent français d’un trust). Cela présente l’avantage d’isoler les indemnités et d’en contrôler la distribution à toutes les personnes ayant subi le préjudice défini par la jurisprudence.

Une fois l’argent versé, les associations disposeront de cinq ans pour identifier les bénéficiaires, mener des campagnes d’informations, procéder aux vérifications et donner instruction au fonds de verser les 1.000 € au titre de l’indemnisation du préjudice moral temporaire (indépendamment de la prise en charge de tout autre préjudice, notamment corporel). Un tel mécanisme présente l’avantage d’être GRATUIT pour les victimes, MERCK devant également supporter le coût de gestion de ce fonds d’indemnisation.

Phase 2

– Au bout de cinq ans, il restera un reliquat d’indemnités non distribuées. Pas question de restituer ces sommes à MERCK car elles correspondent au prix de sa faute. La « rembourser » consisterait à nier cette faute.

C’est la raison pour laquelle, nous proposerons au juge d’appliquer la doctrine cy-près (au plus près de). Comme il n’est pas possible d’indemniser toutes les victimes, les sommes leur revenant de droit sont utilisées « au plus près de » la défense de leurs intérêts.

Par exemple, avec cette somme, nous pourrions imaginer, comme pour le TELETHON de:

  • Financer la recherche indépendante (des laboratoires pharmaceutiques) pour les maladies de la thyroïde ou endocrinologiques,
  • Créer un prix de la thèse en médecin pour améliorer la relation patient / médecin ;
  • Proposer une information sans publicité,
  •  Et pourquoi pas financer d’autres actions collectives en matière médicales ou de santé publique afin d’éviter aux malades à devoir débourser les frais de justice.

Vous le comprenez, l’enjeu est considérable car nous participons à la démocratisation de la santé en France et en Europe ainsi qu’à la responsabilisation des acteurs privés ou publics.

Le temps de l’impunité va cesser.

Association VIVRE SANS THYROIDE

 Créé en octobre 2000 sous la forme d’un forum de discussion sur Internet animé par des malades et destiné à toutes les personnes concernées par les pathologies de la thyroïde, VIVRE SANS THYROIDE est devenue une association ayant pour but, notamment, de permettre aux malades et à leurs proches de mutualiser leurs expériences et de s’aider moralement, d’entreprendre les actions utiles à la défense de leurs intérêts, de faciliter les relations avec le corps médical et les pouvoirs publics, de faire mieux connaître les problèmes des malades de la thyroïde, d’organiser des réunions d’information et d’échange, des colloques et des congrès.

Plateforme d’actions collectives MyLeo

 Convaincu que le numérique peut servir à rendre la justice plus accessible, l’avocat Christophe Lèguevaques (CLE) lance en septembre 2021 MyLeo, une nouvelle plateforme de mise en relation entre particuliers et avocats souhaitant mener une action collective conjointe. Elle vise à mettre à disposition des informations sourcées et vérifiées par des avocats et à faire en sorte de mener à bonne fin l’action collective.

L’expert derrière la plateforme. Originaire de Toulouse, inscrit au barreau de Paris depuis 1993, Me Christophe Lèguevaques (CLE) devient alors peu à peu l’un des spécialistes des actions collectives en France. Il s’est notamment fait connaître pour avoir défendu les victimes des affaires AZF, Levothyrox, Chlordécone, Motorgate, Respiratorgate, etc.

Allocation solidarité pour les retraités 

La FNATH demande au Gouvernement de remédier à un manque flagrant d’information

300 000 : C’est le nombre de retraités qui pourraient prétendre à l’allocation solidarité et qui n’en font pas la demande par manque d’information !

Il s’agit d’une allocation complémentaire aux petites retraites dont l’octroi ne repose que sur des critères de ressources.

Soumettre l’accès à cette allocation à une formalité de demande, pour des personnes bien souvent éloignées de l’information et des réseaux, revient à les priver de ce droit.

A l’heure où toutes les données de ressources sont centralisées, rien ne s’oppose à ce qu’un octroi systématique soit mis en place pour les retraités répondant aux critères de ressources, et éviter ainsi des démarches pénibles voire inaccessibles pour certains.

La FNATH demande au Gouvernement de mettre d’urgence en place les mesures nécessaires pour systématiser ce droit qui permettrait aux retraités les plus modestes d’augmenter de manière immédiate leur pourvoir d’achat.

Comme toutes les associations de personnes malades, accidentées ou handicapées, la FNATH déplore la lourdeur des procédures d’accès aux droits qui pénalise les plus fragiles et revient souvent à les priver d’un droit qui leur est légitime.

Un grand chantier devra être mené par le nouveau Gouvernement afin de faciliter l’accès aux droits pour les plus fragiles.

Depuis un siècle, par sa présence sur l’ensemble du territoire, la FNATH défend et accompagne les accidentés de la vie, pour faciliter leur accès aux droits.

Ressources des personnes en situation de handicap

Nouveau Gouvernement et portefeuilles ministériels : des inquiétudes…

A l’annonce du nouveau Gouvernement et des champs d’intervention des portefeuilles ministériels, la FNATH ne cache pas ses inquiétudes face aux risques d’appauvrissement ou d’une moins bonne prise en compte des droits des malades, des victimes et des personnes en situation de handicap.

Le handicap au sein du ministère des solidarités

Placer le handicap, dans ce Gouvernement, au sein du ministère des solidarités amène une vision restrictive du handicap et fait craindre un affaiblissement de la transversalité avec les autres ministères, ce qui était possible par un rattachement d’un ministère idoine au Premier Ministre ou même la création d’un Commissariat à l’inclusion directement rattaché au Premier Ministre doté de véritables pouvoirs.

Des sujets demandant une prise en compte spécifique

Par ailleurs, l’emploi, le maintien dans l’emploi, l’évolution de carrière mais aussi la réforme des retraites sont autant de sujets qui demandent une prise en compte spécifique. De même, la question du pouvoir d’achat doit pouvoir prendre en considération les questions de santé et de handicap.

Une transversalité avec le Ministère essentielle

Enfin, la transversalité avec le Ministère de la santé sera essentielle pour permettre l’accès aux soins pour tous et lutter contre les déserts médicaux qui touchent encore plus fortement les personnes malades ou en situation de handicap.

L’aide aux victimes déléguée au Garde des sceaux

La FNATH a pris note des délégations du Garde des sceaux sur l’aide aux victimes et notamment des relations qu’il doit tisser avec le réseau des associations de victimes. Nous espérons que cette nouvelle feuille de route lui permettra de prendre en considération les associations de victimes trop souvent oubliées lors du précédent Gouvernement.

La FNATH sera vigilante sur l’ensemble de ses points et va demander dès la fin des élections législatives à rencontrer les différents ministres pour leur présenter ses propositions.

La composition du gouvernement d’Élisabeth Borne

Nouveau gouvernement : La FNATH attend des signes forts