Après un cancer, le combat continue

Si presque 60% des personnes atteintes d’un cancer en guérissent, les conséquences de la maladie peuvent durer, longtemps après la fin des traitements.

La Ligue contre le cancer vient de publier la 7eme édition de son observatoire sociétal des cancers

Conséquences physiques, psychologiques, financières, professionnelles et même sur les projets vie… Les conséquences marquées se prolongent de nombreuses années après la fin des traitements, même si de plus en plus de personnes guérissent aujourd’hui d’un cancer. Le cancer a été pour 73% des anciennes personnes malades « l’un des évènements les plus marquants de leur vie».

72% des Français pensent «qu’on ne se remet jamais vraiment d’un cancer» ? Cette étude inédite de la Ligue met en lumière, les difficultés mais aussi les besoins et les aspirations  sur le long terme des anciennes personnes malades.

Des profils différents

Cette enquête distingue 4 profils différents :

  • les personnes qui n’ont pas encore réussi à «tourner la page» ;
  • Les personnes qui mesurent mal ce qui leur est arrivé;
  • Les personnes qui veulent retrouver leur vie d’avant;
  • Les personnes qui veulent aller de l’avant.

Ces 4 états d’esprits fluctuent au travers du vécu des personnes après la maladie et les personnes peuvent passer de l’un à l’autre en fonction de leur propre cheminement.

Des difficultés qui se cumulent

7 % des personnes interrogées cumulent de très fortes conséquences en cascade sur tous les aspects de leur vie: au niveau psychologique, physique, professionnel, financier et même sur leurs projets de vie. C’est ainsi tous les aspects de la vie qui sont fortement impactés, une difficulté en entraînant souvent une autre. Plus de la moitié d’entre elles considèrent que le cancer a détruit leur vie.

Face à cette situation la Ligue formule plusieurs propositions, portant notamment sur la formation des professionnels de santé ou bien le lancement de campagnes de communication.

Maladies professionnelles dans l’industrie

Un rapport vient d’être publié par l’assemblée nationale sur les maladies professionnelles dans l’industrie. 

Globalement, le rapport met bien en évidence les difficultés concernant les maladies professionnelles (notamment Tms, cancers professionnels et troubles psychiques).  Il pointe également la question des sous traitants qui exercent les missions les plus pénibles et sont les moins bien formés. Et n’oublie pas d’alerter sur les conséquences possibles dans le domaine de la santé au travail de la suppression du CHSCT. Les rapporteurs consacrent également de longs développements aux difficultés liées à l’effectivité des dispositions du code du travail

Un panorama  complet 

Le panorama descriptif semble complet puisqu’il aborde la question de l’indemnisation, qui n’a globalement pas évolué depuis 1898 et souligne le caractère complexe des procédures pour les victimes. Il n’oublie pas également de rappeler que la récente évolution du tableau de malades professionnelles sur les troubles musculo-squelettiques a conduit à un ralentissement des reconnaissances. 

Parce que le constat est plutôt complet, la FNATH regrette que les propositions ne soient pas plus ambitieuses dans le domaine de l’indemnisation des victimes. Mises à part les propositions intéressantes sur le renversement de la charge de la preuve (mais uniquement pour certaines pathologies) et l’abaissement du seuil pour saisir les CRRMP (de 25% à 10%), aucune proposition ne concerne véritablement l’amélioration de l’indemnisation. 

De multiples propositions 

Les propositions sont plus tournées vers la prévention. Elles vont globalement  dans le bon sens (dossier en santé travail, amélioration de la traçabilité, formation accrue des médecins…). La proposition de faire davantage le lien entre une maladie professionnelle et la tarification nous semble également intéressante et correspond à l’une de nos propositions.  

Une proposition suscite en revanche l’opposition de la FNATH: selon les députés, l’utilisation des excédents de la branche AT/MP devraient servir uniquement pour des actions de prévention. Si la FNATH soutient évidemment le renforcement de la prévention, elle affirme également qu’il convient d’améliorer l’indemnisation des victimes du travail qui sont les victimes de dommage corporel les moins bien indemnisées.

 A trop vouloir mettre le focus sur la prévention, ce rapport oublie de manière importante l’amélioration de l’indemnisation (bien évoquée dans les constats, mais faisant l’objet de peu de propositions). 

Mobilisation de la société. 

Une phrase du rapport est intéressante car elle correspond a ce que nous pensons : l’amélioration de ces questions « ne doit pas seulement être l’affaire des victimes mais de toute la société. » La FNATH attend donc une mobilisation sur ces questions, et sur les deux volets (prévention/indemnisation). 

Canicule : Travailler sous forte chaleur

Dans un dossier spécial, disponible sur son site internet, l’INRS rappelle que les symptômes courants liés au travail à l’extérieur par fortes chaleurs tels que la fatigue, les sueurs, les maux de tête, peuvent être précurseurs de troubles plus importants, voire mortels : déshydratation, coup de chaleur. Les effets sur la santé seront d’autant plus élevés qu’ils peuvent se combiner avec des facteurs aggravants telle que la pénibilité de la tâche, mais aussi des facteurs individuels (santé physique, âge…) et collectifs (organisation et conditions de travail).

 Quelle prévention ?

La prévention la plus efficace conduit à éviter ou au moins à limiter le travail en extérieur par fortes chaleurs. En période de canicule, des mesures préventives simples et efficaces, rappelées par l’INRS, permettent de remédier aux effets de la chaleur : travailler de préférence aux heures les moins chaudes, effectuer une rotation des tâches avec des postes moins exposés, augmenter la fréquence des pauses, limiter le travail physique, installer des sources d’eau fraîche à proximité des postes de travail…

En complément, des mesures portant sur l’organisation du travail ou la conception de la situation de travail peuvent être adoptées, permettant de limiter la durée du travail à l’extérieur et l’activité physique, par exemple. Il convient également de promouvoir les mesures de prévention individuelle (habillement, hydratation, alimentation…) et d’informer les salariés.

L’INRS diffuse également des conseils de prévention sur :

  • l’habillement : porter des vêtements légers et de couleur claire, qui absorbent l’humidité. Se couvrir la tête en cas de travail en extérieur ;
  • l’hydratation : boire de l’eau régulièrement, même en l’absence de soif. Eviter les boissons alcoolisées ; en cas de risque de déshydratation importante : boire des jus de fruit ou de légume ainsi que des eaux riches en sel. Manger du pain, des soupes froides, des fruits secs ;
  • l’alimentation : faire des repas légers et fractionnés…

Quelles sont les droits des salariés ?

Un salarié peut exercer son droit de retrait s’il pense être en situation de « danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé » ou s’il constate un défaut « dans les systèmes de protection », dit le code du travail. Un salarié « qui constaterait qu’aucune disposition n’a été prise » par son employeur ou que les mesures mises en œuvre apparaissent « insuffisantes au regard des conditions climatiques » est « fondé à saisir » l’inspection du travail, rappelle le plan canicule.

Maladies professionnelles : de nouvelles règles depuis le 1er juillet

Depuis le 1er juillet, l’indemnisation des maladies professionnelles débute lors de la constatation par le médecin des premiers symptômes.

Une amélioration pour les assurés même si cette nouvelle règle a été limitée dans le temps ! La FNATH est à la disposition des personnes concernées pour les accompagner dans leurs démarches.

Jusqu’à présent, lorsqu’une caisse primaire reconnaissait une maladie professionnelle, elle fixait la date de l’affection au jour du certificat médical initial, généralement rédigé en même temps que la déclaration de la maladie. L’indemnisation de la maladie professionnelle devait en effet débuter « à la date à laquelle la victime est informée par certificat médical du lien possible entre sa maladie et son activité professionnelle ».

Dès les premiers symptômes

Depuis le 1er juillet 2018, pour toute nouvelle demande de maladie professionnelle, la prise en charge en maladie professionnelle (MP) débutera à la date de la première constatation médicale de la maladie conformément à la dernière loi de financement de la Sécurité sociale (article 44).

Cette modification législative va concerner un grand nombre d’assurés. En effet, bien souvent, ces derniers, souffrant de douleurs invalidantes, ne se tournent vers leur caisse que plusieurs mois après leur première consultation médicale auprès de leur médecin, une fois les premiers traitements et examens médicaux réalisés. 

C’est le médecin conseil de la CPAM qui fixe la date de la maladie professionnelle après étude du dossier médical de la victime. La date de première constatation médicale doit correspondre à la date à laquelle les premières manifestations de la maladie ont été constatées par un médecin, avant même que le diagnostic ne soit établi.

Une nouvelle limite

 Au premier abord, cette modification avantageuse pour les victimes du travail comporte quand même une limite ! La date de début d’indemnisation ne pourra pas remonter à plus de deux ans avant la demande de reconnaissance de maladie professionnelle adressée par l’assuré. La FNATH avait demandé au gouvernement de supprimer cette partie du texte lors des débats parlementaires afin de garantir au mieux les droits des victimes des maladies professionnelles.

Des recours possibles

En cas de désaccord avec la date retenue, des recours amiables et contentieux seront possibles, d’autant plus que les enjeux économiques peuvent être importants pour les assurés et pour les caisses. La FNATH se tient à la disposition de toutes les personnes concernées pour les renseigner et les aider dans leurs démarches, soit en proximité , soit par le biais de sa nouvelle plateforme internet d’information juridique

Exemple

Voici ce qui pourrait désormais se passer pour un salarié qui se plaint notamment d’importantes douleurs lombaires en lien avec son travail. Il est en arrêt, pour cette raison, depuis le mois de mars 2018. Son médecin lui a prescrit une radiographie en avril puis une IRM en mai qui a confirmé officiellement l’existence d’une sciatique avec hernie discale à l’étage L5-S1. Mais le certificat médical initial et la déclaration de maladie professionnelle ne sont établis que le 5 juillet par le rhumatologue. Des indemnités journalières pourront être versées à ce salarié non pas en maladie ordinaire (50 % du salaire), mais en maladie professionnelle (soit 80 % du salaire) depuis le mois de mars (rétroactivement) et non à compter du 5 juillet 2018, comme auparavant.

Mais les délais peuvent aussi être beaucoup plus longs, par exemple pour des cancers d’origine professionnelle, entre la détection d’une anomalie radiologique par un scanner et la délivrance d’un certificat médical initial.

Uberisation: avancée ou régression ?

En 2018, les nouvelles formes de travail issues des plateformes numériques sont synonymes d’emploi low cost et d’absence de prévention et de sécurité. Le travail de demain est-il encore facteur de progrès ou est-il en train de régresser vers les conditions que l’on a déplorées aux siècles précédents ?

A Part Entière, la revue trimestrielle de la FNATH, s’attache à définir les contours des nouvelles formes de travail émergentes notamment au travers des plateformes en interviewant Marc Malenfer, de l’INRS, sur la santé au travail et Gérard Vindt, historien responsable de la rubrique histoire d’Alternatives Economiques.

Pour Gérard Vindt,: « on risque de s’orienter vers une société d’emplois à plusieurs vitesses. Il est probable que l’on maintienne le modèle de consommation de masse qui satisfait beaucoup de gens, notamment les classes moyennes des pays émergents. Dans le même temps, le capitalisme libéral actuel creuse les inégalités, certains vont en tirer profit, d’autres vont en payer le prix. »

Retrouvez l’intégralité des interviews et du dossier sur le site : www.a-part-entiere.fr

Comité interministériel sur la santé

La FNATH a pris connaissance des mesures annoncées dans le cadre du comité interministériel sur la santé : un patchwork de mesures, dans lequel la FNATH salue notamment l’existence d’un volet dédié à l’accès aux soins des personnes handicapées mais regrette l’absence de mesures concernant la prévention en milieu professionnel. Ce plan ne peut cacher la baisse des moyens dédiés aux agences sanitaires nationales.

Parmi toutes les mesures annoncées ce matin, qui pour certaines reprennent en fait des mesures existant déjà dans des plans de santé publique, la FNATH retient plus particulièrement la volonté de mieux prendre en compte les besoins de santé des personnes handicapées : bilan annuel de santé, prise en compte de la complexité de la prise en charge médicale d’une personne handicapée, information sur l’accessibilité des cabinets médicaux et le développement d’une téléconsultation de repérage et dépistage…

Ces mesures ne pourront être opérantes qu’à condition de former les professionnels de santé à la prise en charge des personnes handicapées, quelle que soit la catégorie de handicap. L’information des patients sur l’accessibilité du cabinet du professionnel de santé via le compte ameli.fr constituera une avancée certaine. La FNATH rappelle que les cabinets de médecin peuvent bénéficier trop facilement de dérogations pour ne pas se rendre accessible. De plus, selon une récente enquête menée par la FNATH, 42% des personnes handicapées interrogées déclaraient avoir des difficultés pour accéder à des soins en raison de l’inaccessibilité des lieux de soins ou des transports et de l’inadéquation de la prise en compte de leurs besoins.

L’oubli de la prévention en milieu professionnel

Alors qu’une partie du plan est dédiée à la prévention des 25-65 ans, il est incompréhensible que ne soit évoquée à aucun moment la prévention en milieu de travail. Il s’agit là d’un oubli majeur que ne peut compenser la mission actuellement confiée à la députée Charlotte Lecocq.

Pourtant, les conditions de travail sont des déterminants essentiels de santé. Faut-il rappeler qu’environ 10% des cancers seraient d’origine professionnelle ? Faut-il également souligner que l’écart d’espérance de vie entre un cadre et un ouvrier reste très élevé, et que les conditions de travail en constituent une des explications ?

De plus, le report de l’âge de départ en retraite et la pénibilité au travail dégradent l’état de santé des seniors et des personnes en retraite.

Avec quels moyens ?

Ce patchwork de mesures nécessite des moyens pour être mis en œuvre et concrétisés. Or, la FNATH ne peut que regretter que les moyens dédiés notamment aux agences de santé soient en diminution constante.

 La position de France Assos Santé

Dans un communiqué, France Assos Santé considère que cibler des mesures concrètes à tous les âges de la vie est positif, mais il reste à surveiller que les moyens dédiés permettent une mise en oeuvre effective de ces mesures. Surtout, nous pouvons d’ores et déjà regretter qu’elles ne s’inscrivent pas dans une stratégie visant une action coordonnée sur les déterminants de santé.