12 ans de procédure pour faire reconnaître une tendinopathie à l’épaule

La Cour d’appel (Cour d’Appel de Paris, 06/01/2023) vient de reconnaitre pour l’un de nos adhérents une MP 57 A (tendinopathie de l’épaule) après plus de 12 années de procédure !

4 CRRMP saisis … pour un seul avis favorable !

Dans cette affaire, 4 Comités Régionaux de Reconnaissance de Maladie Professionnelle avaient été saisis suite à des erreurs procédurales, et seulement un seul Comité avait rendu un avis favorable sur le lien direct entre la pathologie développée à l’épaule par l’assuré et son activité d’ajusteur.

Un avis de CRRMP écarté par la Cour pour l’insuffisance de sa motivation

Le dernier avis reçu était défavorable mais la Cour a décidé de l’écarter après avoir constaté l’insuffisance de sa motivation, celui-ci n’ayant procédé que par affirmation concernant les gestes, postures et contraintes, sans appuyer sa conclusion sur des éléments objectifs du dossier mais seulement après avoir indiqué avoir entendu l’ingénieur-conseil de la Carsat et examiné les pièces du dossier sans en viser une en particulier et notamment l’étude du poste de travail de l’intéressé. La Cour décide de retenir l’avis favorable du 3ème CRRMP qui avait relevé que le dépassement (léger) du délai de prise en charge s’expliquait uniquement par les délais pour obtenir une IRM et que la prescription de cet examen avait été faite pendant l’arrêt de travail qui a suivi le dernier jour d’exposition.

La Cour constate qu’aucun élément objectif au dossier ne vient remettre en cause le seul avis favorable ayant répondu à la seule question qui se posait dans ce dossier, et que cet avis était d’ailleurs même conforté par un certificat médical.

Nous remercions notre adhérent pour sa fidélité et pour la confiance portée à notre association malgré la longueur inhabituelle de cette procédure ! Celui-ci va enfin pouvoir obtenir l’indemnisation qui lui est due, c’est-à-dire la régularisation de ses indemnités journalières au titre de la législation professionnelle et l’attribution d’une rente trimestrielle pour ses séquelles.            

Réforme des retraites : Les amendements de la FNATH devant le Sénat

La FNATH, comme tous les autres corps intermédiaires, ne peut qu’exprimer la déception qui a été la sienne devant l’absence d’un débat sur les fondamentaux de cette réforme lors de la première lecture du Projet de loi.

Faire entendre la voix de ses adhérents et de leurs familles

Elle regrette également le manque de clarté ou effets d’annonce, que l’on pense à la prétendue retraite pour les plus modestes à hauteur de 1200 euros ou aux carrières longues.

Elle s’attachera, néanmoins, devant le Sénat, à faire entendre la voix de ses adhérents et de leurs familles, accidentés, handicapés, malades et invalides qu’elle défend et représente au quotidien.

Il s’agit de personnes qui, du fait de leur accident de la vie, vivent de longues périodes d’inactivité, des parcours professionnels qui se terminent souvent dès qu’elles franchissent la barre des 50 ans, en raison notamment de leur usure liée à leurs conditions de travail.

La FNATH souhaite que la mise en application de cette réforme soit repoussée à 2025

En préalable, et de façon plus générale, la FNATH souhaite que la mise en application de cette réforme soit repoussée à 2025 compte tenu de l’impact prévu dès le 2ème semestre 2023, afin que les personnes qui s’étaient organisées pour partir en retraite dans l’année qui vient puissent le faire.
Lors de la dernière tentative de réforme, avant le confinement, elle avait exposé à l’attention du grand public et des décideurs politiques ses propositions « Réforme des retraites : Et si on parlait pénibilité et justice sociale ! ».

En sa qualité de membre du Conseil de la Caisse nationale d’assurance maladie, elle votera CONTRE le projet de loi présenté lors de la prochaine séance au motif que « le compte n’y est pas » pour la FNATH, et qu’il faut regretter la reconduction de dispositifs qui ne répondent que trop peu aux enjeux de l’espérance de vie et du pouvoir d’achat des personnes usées par le travail, accidentés, malades.

S’agissant du recul de l’âge de départ, la FNATH expose, avec la plus grande clarté, que cette mesure est radicalement contraire aux intérêts des personnes usées par le travail, exposées à des pénibilités qui présentent un différentiel d’espérance de vie, aux assurés seniors contraints à des arrêts longs, aux invalides, aux travailleurs handicapés, aux allocataires de l’AAH, aux malades chroniques et aux accidentés du travail et malades professionnels.

Il faut cesser de raconter des histoires aux français !

On connait les effets des dernières réformes qui ont repoussé l’âge de la retraite qui ont fait l’objet d’études par la DRESS et même la CNAV.

Sans même évoquer les personnes qui passent sous les radars d’une reconnaissance administrative et du non-recours, les dernières réformes n’ont apporté aucune solution sociale pour ces populations.

Le problème a été déplacé et l’on retrouve un nombre important de ces assurés dans d’autres dispositifs en attendant une réforme qui ne répond pas aux attendus.

C’est l’explosion de l’AAH, la voie de garage des IJSS de longue durée, puis l’invalidité quand ce n’est pas le RSA.

Telle est la réalité produite par le recul continu de l’âge de la retraite et de l’augmentation de la durée d’assurance.

Emploi des seniors

S’agissant de l’emploi des seniors, le Gouvernement ne propose que des mesures « cosmétiques » avec un fonds d’investissement dans la prévention de l’usure professionnelle (FIPU) doté d’un pécule ridicule (1milliards sur de 2023 à 2027, soit 200 millions par an), des visites médicales qui ne feront, au mieux, que constater les dégâts et des possibilités de reconversion aux conditions drastiques et aux avantages limités, un index des seniors, si cette fois il était adopté, qui deviendra un outil de « greenwhasing » sans autre effet concret.

Licenciements pour inaptitude

Rien sur l’épidémie silencieuse des licenciements pour inaptitude des salariés vieillissants ou usés évalués pourtant à plusieurs dizaines de milliers par an, dont on connait le parcours vers la précarisation.
S’agissant des dispositifs de départ anticipé comme de la pénibilité, s’ils ne sont pas remis en cause, aucun changement d’ampleur n’est à relever et il ne faut pas compter sur la FNATH pour se réjouir au seul constat que ces dispositifs ne sont pas remis en cause…ou aux maigres améliorations apportées au régime du C2P.

Il en est de même s’agissant du dispositif qui doit garantir aux assurés une retraite nette égale à 85 % du SMIC net.

Observons, d’une part, que c’est à la condition que l’assuré ait effectué une carrière complète, ce qui est très rare pour les précaires et les personnes dont l’état de santé pose difficulté …

D’autre part, depuis des années, une grande partie des retraités est laissée sous le seuil de pauvreté.

De même, il faudrait sans doute se réjouir que le projet adapte les dispositions relatives aux droits à retraite des bénéficiaires de l’allocation de cessation anticipée d’activité des travailleurs de l’amiante ?

La FNATH n’est pas dupe des éléments de langage et de la maitrise de la communication politique par le Gouvernement.

Réforme des retraites. Les amendements de la FNATH devant le Sénat
Première lecture – Février 2023

Retraites : Les revendications de la FNATH

Retraites

Si les critères de départ à la retraite pour les personnes invalides ou en situation de handicap restent inchangés, ils ne constituent pas pour autant une satisfaction pour la FNATH.

En effet, la prise en compte de la pénibilité reste encore sous-évaluée, le départ en retraite anticipée au titre du handicap reste trop complexe à obtenir et prive de nombreuses personnes de ce droit.

Enfin, la situation des personnes atteintes de maladie, dont l’espérance de vie est significativement réduite par rapport au tout public, n’est toujours pas prise en considération.

Aussi, nous vous invitons à vous battre à nos côtés pour faire évoluer le projet de loi en signant la pétition de l’intersyndicale en cliquant sur le lien

https://www.change.org/p/retraites-non-%C3%A0-cette-r%C3%A9forme-injuste-et-brutale-reformesdesretraites?source_location=petitions_browse

 

Elections Législatives 2022. La FNATH interpelle les candidats

Candidates et candidats aux Élections Législatives 2022, la FNATH, association des accidentés de la vie, forte de ses 100 000 adhérents et sympathisants, souhaite vous faire part de ses revendications et propositions.

En effet, à la lecture des différents programmes, nous constatons que les propositions  en matière :

  • de santé au travail,
  • de pouvoir d’achat,
  • d’emploi et de maintien dans l’emploi,
  • d’accès aux soins,
  • de retraites des personnes en situation de handicap

sont souvent très générales, partielles et éloignées de la réalité quotidienne des personnes concernées

Ainsi, à quelques semaines des Élections Législatives, nous vous présentons un document synthétique reprenant 6 thématiques chères non seulement à notre association mais également sujets de préoccupations majeurs pour les millions de personnes accidentés, malades, invalides que comptent notre pays.

Pour chaque thématique abordée, vous trouverez le constat sans fard de la situation actuelle. En réponse à ce constat, notre association dresse plusieurs propositions qui nous l’espérons intègrerons les programmes des candidates, candidats aux Élections Législatives 2022

Les 6 thématiques abordées sont les suivantes :

Santé au travail

Cancer prostate

Emploi et maintien dans l’emploiEmploi personne handicapée

Accès aux soins

Accès aux soins

Pouvoir d’achat

Hausse du Prix des carburants

Réforme des retraites

Personne âgées - dépendance - 5ème branche sécu - retraite

 Branche autonomie

Élections Législatives 2022 – Propositions FNATH : La santé au travail

Notre constat

Les victimes d’accident de travail et maladies professionnelles restent en effet les seules victimes en France à ne pas bénéficier d’une indemnisation intégrale de leurs préjudices, même en démontrant la faute inexcusable de  leur employeur.

Aussi, la FNATH revendique pour ces victimes également l’indemnisation de l’ensemble de leurs préjudices. Elle dénonce, depuis des années un système de reconnaissance des maladies professionnelles opaque, sclérosé et inefficace (4 ans pour publier le tableau de maladies professionnelles relatif aux cancers du rein en relation avec une exposition au trichloréthylène) qui minore la réalité des maladies professionnelles et ne protège pas les victimes.

A l’aune des évolutions démocratiques au sein de la branche maladie et de la nouvelle branche autonomie, les institutions chargées de la santé au travail doivent reconnaitre l’apport de la société civile et spécialement des associations de victimes d’accidents du travail et de maladies professionnelles

Nos propositions

  • INITIER une négociation sociale associant les associations de victimes d’accidents d’accidents du travail et de maladies professionnelles les plus représentatives, pour une refonte complète de l’indemnisation des victimes du travail qui devra conduire à une réparation de l’ensemble des préjudices.
  • REFORMER en profondeur le système de reconnaissance des maladies professionnelles et les comités régionaux de reconnaissance des maladies
    professionnelles et allouer les budgets suffisants à l’ANSES afin qu’elle puisse améliorer ses capacités d’expertise en matière de santé au travail.
  • ASSURER une représentation à part entière des associations de victimes d’accidents du travail et de maladies professionnelles les plus représentatives, au sein de la branche ATMP avec droit de vote.
  • ASSOCIER, par une consultation préalable et obligatoire les associations de victimes d’accidents du travail et de maladies professionnelles les plus représentatives aux travaux du comité national de prévention et de santé au travail au sein du conseil d’orientation des conditions de travail.

Scoliose invalidante et AAH

Grâce à l’intervention de la FNATH Grand Sud, le Tribunal de Bordeaux accorde une AAH pour 4 ans à notre adhérent,  ouvrier de scierie employé à temps partiel et présentant une scoliose invalidante diagnostiquée dans l’enfance.

L’avis de l’expert non suivi par le Tribunal

Le Tribunal avait demandé l’avis d’un expert qui avait conclu à un taux entre 50 et 79 % sans RSDAE.

Le Tribunal, par une argumentation exemplaire, passe outre l’avis de l’expert : « il ne peut être contesté que ses pathologies lui demandent des efforts très importants au quotidien, compromettant son autonomie et son insertion dans la vie sociale, professionnelle mais aussi son quotidien caractérisant une restriction substantielle et durable pour l’accès à l’emploi. En effet, il convient de tenir compte du fait que s’il maintient son activité pour avoir des revenus suffisants, c’est au détriment de son état de santé qui se dégrade et qu’il n’apparaît plus en mesure de maintenir son activité et il convient de s’interroger sur son aptitude à poursuivre un tel emploi et ce d’autant plus qu’il ne semble pas avoir été examiné par un médecin du travail. En effet, il ne peut être sérieusement contesté la restriction à l’accès à l’emploi, alors que de 1996 à 2018, son taux a été-fixé à 80 %. Étant observé que malgré sa volonté de conserver son emploi, il apparaît essentiel de s’assurer que l’exercice d’une telle activité ne le place pas en situation de danger et de lui laisser le temps, de mettre en place un accompagnement adapté à son état psychique (curateur) afin d’étudier sérieusement la possibilité de présenter une demande de rente pour invalidité. »

TJ de Bordeaux, 18/03/2021, n° RG 18/02265

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