La FNATH est scandalisée par les derniers propos de la ministre !

Sachez, Madame la ministre, que les malades, les personnes accidentées et en situation de handicap n’ont aucune leçon de citoyenneté à recevoir d’un personnel politique qui a mis à genoux la Sécurité Sociale et, au premier rang, l’Assurance Maladie.

Les malades ne sont pas la bande d’irresponsables que vous vilipendez

Les malades n’acceptent plus de se faire injurier à chaque PLFSS pour justifier des mesures purement comptables qui signent les incompétences dans la gestion des budgets de l’Etat et de la Sécurité Sociale.

Ne vous en déplaise Madame la ministre, les assurés sociaux et les malades ont parfaitement conscience de la valeur de la Sécurité Sociale et ne sont pas la bande d’irresponsables que vous vilipendez comme s’il étaient des enfants car ils sont d’abord, par leurs cotisations et leurs impôts ainsi que le reste à charge et le prix des complémentaires santé qui pèsent sur eux, les plus gros contributeurs des recettes précisément de l’Assurance Maladie et de la Sécurité Sociale.

Franchises médicales ni plus, ni moins, qu’un impôt sur la maladie

Non les franchises médicales et autres participations n’ont jamais responsabilisé quiconque car il s’agit, ni plus, ni moins, que d’un impôt sur la maladie et qui s’applique, au surplus, à ceux qui ont le plus besoin de soins (assurés en ALD).

Oui, il faudrait avoir le courage de reconnaitre que le déficit actuel de l’assurance maladie, et pour des années encore, a été créé en grande partie par les légitimes revalorisations des métiers de la santé mais lesquelles n’ont pas été financées, par choix idéologique, avec de nouvelles recettes budgétaires mais par le déficit…

Les entreprises refusent de rembourser la totalité des 4 milliards d’euros annuels qu’elles doivent

Oui, depuis des années les entreprises refusent de rembourser, avec la bénédiction des différents gouvernements, à l’Assurance Maladie la totalité des 4 milliards d’euros annuels qu’elles doivent au titre de la sous-déclaration des maladies professionnelles …

Sachez que la culpabilisation des assurés sociaux ne fonctionne plus, elle est simplement le signe de la faillite d’une gestion budgétaire calamiteuse depuis des années et de choix idéologiques qui nous ont mené collectivement au déficit d’aujourd’hui et qui va encore aggraver l’accès aux soins des plus malades.

Assurance maladie : la FNATH dénonce une injustice sociale au profit des entreprises

Assurance maladie : la FNATH dénonce une injustice sociale au profit des entreprises

La FNATH ne peut que réagir aux dernières déclarations de la CPME. Pour la FNATH, il est insultant pour les assurés sociaux, les contribuables et les  malades de lire que « le système d’assurance maladie ne peut plus être perçu comme un droit de tirage sans contrepartie » !!

De qui se moque-t-on ?

Si une réforme urgente de l’assurance maladie est à faire c’est pour en finir avec une philosophie sans morale et responsabilité citoyenne qui fait de l’assurance maladie et de l’ensemble de la protection sociale « la vache à lait » des entreprises.

Les entreprises doivent payer intégralement la note pour les sinistres qu’elles causent à leurs salariés !

Le dernier rapport de la commission de sous déclaration des maladies professionnelles, présidée par un magistrat de la Cour des comptes, a chiffré à 3,8Mds d’euros par an ce que coûte indûment à la branche maladie la sous-déclaration des maladies professionnelles par les entreprises chaque année. 3,8Mds€ par an de dépenses indues que les entreprises refusent de payer alors que l’Assurance maladie est contrainte de faire 3,9 milliards d’euros d’économies pour 2026, dont une partie sera supportée par les malades et les assurés sociaux. 3,8Mds€ par an c’est près de 16 Mds€ à horizon 2030 dont on prive l’assurance maladie !!!

Aujourd’hui, les employeurs n’indemnisent pas plus de 2 000 cancers professionnels par an qui sont reconnus comme tels et l’ANSES a estimé que ce sont plus de 40 000 cancers par an qui trouvent une origine dans les expositions professionnelles.

Aujourd’hui, une entreprise délinquante, condamnée au pénal, n’aura pas à supporter le coût intégral des prothèses pour une victime d’un accident du travail et laissera les contribuables subvenir aux besoins en aide humaine, en aide technique et en aménagement du logement de la victime… À partir de la deuxième année suivant l’accident, seules les allocations chômage et les prestations de solidarité viendront assurer, à la place des entreprises, les conséquences d’une incapacité professionnelle.

S’agissant des aides publiques aux entreprises, la FNATH appelle à une évaluation immédiate de leur utilité.

Le dernier rapport parlementaire établit que les aides publiques aux entreprises atteignent au moins 211 Mds€ en 2023. A titre de comparaison, l’ONDAM voté pour le PLFSS 2025 s’élevait à 266 Mds€…

C’est aussi un coût de 80 Mds€ par an au titre des exonérations de charges sociales, soit près de 3 points de PIB, que les assurés et les contribuables doivent supporter sans qu’aucune efficacité de ces mesures ne soit réellement démontrée. Le Président du MEDEF écrivait, fin 2013, que près d’un million d’emplois en cinq ans seraient créés en échange de la création du CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi). C’est au plus 160 000 emplois qui furent créés entre 2013 et 2017 pour un coût de l’ordre de 20 Mds€…

Aujourd’hui encore, des entreprises procèdent à des licenciements massifs alors qu’elles sont bénéficiaires d’importantes aides de l’État et des collectivités, sans aucun contrôle ou demande restitution des fonds publics déjà versés.

La FNATH dit son dégout et sa lassitude du climat social actuel qui fait des malades et de leurs familles, des assurés et des salariés, les boucs émissaires d’un système qui fait du deux poids, deux mesures sa valeur cardinale.

La FNATH dénonce un climat « Trumpiste » contre l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses)

La FNATH dénonce les lobbies qui travaillent aujourd’hui, avec le soutien actif de certains parlementaires, à briser l’indépendance de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES).

La FNATH dénonce les lobbies qui travaillent aujourd’hui, avec le soutien actif de certains parlementaires, à briser l’indépendance de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES).

Tel est l’objet de la proposition de loi « visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur » adoptée au Sénat.

Il s’agit, ni plus, ni moins, d’installer les organisations représentatives de la production agricole et de l’industrie phytopharmaceutique dans un rôle de décideurs des politiques publiques et de réduire à néant l’expertise de l’ANSES sur tous les sujets phytosanitaires.

La FNATH qui s’est pleinement associée à la motion votée lors du conseil d’administration du 13 mars 2025 de l’ANSES, exige du Gouvernement qu’il s’oppose à l’institutionnalisation d’un conflit d’intérêt majeur avec l’instauration d’un pseudo « conseil d’orientation de la protection des cultures »… au service des lobbies industriels et agricoles.

La FNATH rappelle le scandale du chlordécone, les milliers de maladies professionnelles liées aux produits phytosanitaires, l’explosion des cancers pédiatriques dans les zones exposées, la contamination des eaux alimentaires et des nappes souterraines.

Il ressort de l’ordre public sanitaire et de la santé publique des populations que le gouvernement s’oppose à cette dérive inacceptable.

Pour renflouer les caisses de la Sécurité sociale, patronat et gouvernement font la course aux mauvaises idées

Ce n’est un secret pour personne, le désormais célèbre « Trou de la Sécu » se creuse d’année en année. Le déficit de la branche maladie atteint lui-même un niveau historiquement élevé. Pourtant, plutôt que de chercher des solutions viables à long-terme, le gouvernement, main dans la main avec le patronat, préfère grignoter un à un nos acquis sociaux. Jusqu’où cette mascarade peut-elle durer ?

 Nul ne conteste la nécessité de rationaliser nos dépenses et de réfléchir à l’efficience de notre système mais, dans un contexte de vieillissement de la population et d’explosion des maladies chroniques, qui pourrait sérieusement penser que nous parviendrons à faire face aux défis que nous affrontons sans investissements majeurs ?

Le courage dont le gouvernement prétend faire preuve en s’attaquant par exemple  aveuglement aux arrêts maladie n’aidera en rien à sauver notre système de protection sociale, bien au contraire !

La vérité est que nous sommes, en matière de protection sociale, face à une crise de financement historique dont les premiers responsables restent les gouvernements successifs qui ont fait le choix pour des raisons idéologiques :

  • de relever (enfin!!) les salaires des soignants avec le « Ségur de la santé » mais sans les financer et en laissant à la branche maladie, sans une recette supplémentaire, une facture finale de 12 Md€,
  • de présenter des prévisions de recettes fantaisistes fondées sur une soi-disante croissance totalement erronée et inexistante,
  • de multiplier les cadeaux budgétaires de plusieurs milliards à l’industrie du médicament,
  • de permettre 80 milliards d’exonérations de charges aux entreprises sans aucune contrepartie réelle sur l’emploi et donc sur l’augmentation des cotisations sociales.

Réduire la dépense publique et encenser la compétitivité économique aux dépens du bien-être et de la santé des citoyens n’est pas une politique, c’est une balle que nous nous tirons dans le pied. L’évolution démographique actuelle nous oblige à mobiliser davantage de ressources pour maintenir nos acquis sociaux. Sans prise de conscience de cet élément nous nous condamnons à sacrifier un à un nos droits sociaux et les plus fragiles d’entre nous seront les premières victimes de ces décisions aveugles. Est-ce réellement ce que nous voulons ?

Ainsi, le déficit de la Sécurité sociale est loin de se résumer aux abus des arrêts maladie, ou à la surconsommation de soins ou de médicaments. La réalité est que l’Etat se prive de rentrées d’argent aux dépens de la santé publique et des salariés et a fait des choix budgétaires suicidaires qui nous ont menés à ce déficit historique ! La FNATH s’opposera et dénoncera toujours ces reculs de notre protection sociale qui sont peut-être simples à prendre mais lourdes de conséquences pour les assurés sociaux.

Débat entre l’Etat et les complémentaires santé. Les assurés sociaux ne sont ni des idiots, ni des « vaches à lait » !!!

La FNATH assiste à la partie de ping-pong qui oppose le Gouvernement et les complémentaires santé et dénonce une prise d’otage budgétaire qui n’a plus ni morale, ni justice sociale.

Il y a quelques jours, on nous a expliqué que l’augmentation des cotisations des complémentaires santé en 2025 – de 6% environ – avait été décidée pour financer la baisse du taux de remboursement par l’Assurance maladie des consultations médicales et médicaments décidée par le Gouvernement. Aujourd’hui, le Gouvernement, du fait du retrait de ces mesures, considère que les complémentaires doivent « restituer » l’argent et il est envisagé d’augmenter la taxe de solidarité additionnelle, versée par les complémentaires santé pour financer la complémentaire santé solidaire.

De qui se moque-t-on ? Qui va payer au final ?

Depuis des décennies, chaque désengagement de l’Assurance maladie en direction des complémentaires santé et chaque augmentation de la fiscalité des contrats des complémentaires santé sont à la charge des assurés sociaux et des ménages.

Le présent débat nauséabond illustre à quel point les assurés sociaux sont devenus les « vaches à lait » du financement de la santé.

Quelle que soit l’hypothèse retenue, ce sont bien les assurés sociaux qui auront à payer la note au final !

Les assurés sociaux ne sont pas des imbéciles !!!

Ils ont bien compris, avec leur porte-monnaie, que chaque déremboursement de l’assurance maladie et transfert vers les complémentaires santé signifie immédiatement pour eux : une augmentation du montant de leurs cotisations complémentaires. De même, chaque augmentation de la taxe sur les complémentaires santé est immédiatement répercutée sur le prix de leur contrat complémentaire de santé.

Ils ont bien mesuré avec quel cynisme l’Etat fait financer la complémentaire des plus pauvres (C2S) par un impôt sur tous les contrats complémentaires qui s’applique sans distinction aux plus riches comme aux plus modestes et dont le niveau a explosé en 20 ans.

Aujourd’hui, non contents de devoir supporter un désengagement de l’Assurance maladie tous les ans, les malades doivent payer une taxe spéciale pour lever les obstacles financiers dans l’accès au système de soins et cela, malgré la CSG, la CRDS, les cotisations sociales et l’impôt sur le revenu.

Pour la FNATH, il faut mettre un terme immédiat à cette spirale infernale qui est à l’œuvre depuis des années, et revoir l’ensemble du financement de la branche maladie.

A Mayotte, l’urgence d’agir vite !

La FNATH prend acte du projet de loi d’urgence pour Mayotte présenté devant l’Assemblée nationale. Elle accueille favorablement le principe central du projet de loi qui autorise à poser des dérogations aux réglementations afin de permettre une reconstruction accélérée de l’île.

Surtout, la FNATH dénonce une loi qui fait silence des urgences sociales, médicosociales et sanitaires pour Mayotte. La situation d’abandon dans laquelle les populations sont laissées, depuis des années, explique, en très grande partie, l’ampleur humaine et sanitaire de la catastrophe et il est inacceptable de faire du changement climatique et de l’immigration les seules causes de la situation actuelle.

Pourtant, ces dernières années et ces derniers mois, les pouvoirs publics n’ont cessé d’être alertés par les parlementaires de tous bords :

C’est Mme Edwige Diaz, en juin 2024, qui attire l’attention de M. le ministre délégué auprès de la ministre du travail, de la santé et des solidarités, chargé de la santé et de la prévention, sur le risque grandissant que représentent les cas de contamination à la leptospirose, dite « maladie du rat », et précise que dans les collectivités ultramarines, l’incidence est entre 10 et 70 fois plus élevée qu’au sein de l’Hexagone.

C’est M. Jérôme Guedj, en mars 2024, qui alerte Mme la ministre du travail, de la santé et des solidarités sur les manques d’effectifs de la médecine scolaire en s’appuyant sur un rapport IGAS paru en juillet 2023, mais aussi de la Cour des comptes de 2018 lequel établit, pour le personnel infirmier, un ratio de plus de 2 000 élèves par infirmier à Mayotte alors qu’il est de 680 élèves par infirmier dans le Cantal.

C’est M. Philippe Juvin, en octobre 2023, qui interroge M. le ministre délégué auprès du ministre de l’intérieur et des outre-mer, chargé des outre-mer, sur la grave crise de l’eau que traverse le département de Mayotte et ses conséquences sanitaires pour ses habitants, par le manque d’hygiène, dans un des départements les plus pauvres de France, qui fait craindre une recrudescence des épidémies, de choléra et de typhoïde en particulier.

C’est M. Xavier Breton, en juillet 2023, qui appelle l’attention de M. le ministre de la santé et de la prévention sur le retard de la France dans la lutte contre la mortalité infantile sur la base d’une étude de l’Insee qui souligne que le taux de mortalité atteint en effet 7,7 décès pour 1 000 naissances dans les DOM, dont 8,9 à Mayotte, contre 3,5 en France métropolitaine.

C’est M. Mansour Kamardine en juin 2023 qui interroge M. le ministre de la santé et de la prévention sur la mise en œuvre à Mayotte de la « complémentaire santé solidarité » (C2S) et lui demande qu’il n’y ait pas de minoration du barème d’accès à la C2S à Mayotte.

La liste des défaillances de l’Etat français envers son 101ème département n’en finit pas et on reste sidéré d’une situation délétère avant même que le cyclone ne frappe l’île. Du reste, faut-il rappeler les déclarations du Directeur général de l’ARS devant la Commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la gestion des risques naturels majeurs dans les territoires d’outre-mer, en février 2024, selon lesquelles le bilan victimaire serait catastrophique en cas de cyclone ?

La FNATH demande instamment que la loi d’urgence comporte un volet social, médicosocial et sanitaire qui comporte le principe d’un alignement accéléré avec les indicateurs de la Métropole et notamment que la date buttoir de convergence sociale, fixée à 2031, soit réexaminée.