Prévention du risque routier

Le risque routier constitue la principale cause de décès au travail. Afin de sensibiliser les travailleurs et les entreprises, mais plus largement le grand public, la FNATH lance une campagne de sensibilisation jusqu’au 15 décembre, par le biais d’un tour du monde des vidéos de prévention.

La FNATH fait le tour du monde…des vidéos de sensibilisation du risque routier provenant d’une dizaine de pays, notamment l’Australie, la Belgique, la Chine, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Cette campagne lancée depuis quelques jours sur les réseaux sociaux et jusqu’au 15 décembre appelle à voter pour la meilleure vidéo.

Derrière les différentes approches de prévention, décalée, violente, expressive, humoristique, originale, parodique…, ces vidéos visent toutes à sensibiliser le public aux conseils de prévention de base, concernant en particulier l’usage du téléphone aux volants, les risques liés aux deux roues ou bien encore la conduite en état d’ivresse.

S’il s’agit pour la FNATH de sensibiliser les travailleurs et les entreprises à la première cause de décès au travail, les conseils de prévention s’adressent bien évidemment à tout le monde, quel que soit le lieu et l’objectif de la  conduite.

Ces films sont assortis de conseils de prévention apportés par la FNATH et diffusés jusqu’à la mi-décembre sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter (https://www.facebook.com/fnath/et @FNATH…).

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Ordonnances sur le Code du Travail

Le projet de loi de ratification des ordonnances réformant le code du travail sera débattu à compter de demain. Avec notamment la fusion des instances représentatives du personnel et la réforme du compte pénibilité, il comporte des reculs pour la santé au travail, que la FNATH dénonce, exemple à l’appui.

La fusion des CHSCT

La fusion des différentes instances représentatives du personnel entraînant la disparition du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) va entraîner, en particulier dans les entreprises de moins de 300 salariés, un délaissement important voire un désintérêt des questions de santé au travail. Or le rôle du CHSCT est  essentiel tant en termes de prévention mais permet aussi d’appuyer des procédures en indemnisation.

Ainsi, par exemple, la FNATH vient d’obtenir la reconnaissance par la cour d’appel de Dijon de la faute inexcusable d’un employeur pour un adhérent souffrant d’un asthme professionnel, à la suite de l’exposition à différents produits. En s’appuyant notamment sur un rapport du CHSCT, la FNATH a pu faire valoir les nombreux manquements de l’employeur à la réglementation : absence d’étiquetage et de signalisation du danger lié à la manipulation de fûts contenant des isocyanates, violation de la réglementation du travail concernant l’aération, absence de masque respiratoire approprié et de gants spéciaux ainsi que l’absence de consignes de sécurité… Le rapport pour risques graves du CHSCT s’était en  l’occurrence traduit par la prise de mesures de prévention par l’employeur, sans pour au tant l’exonérer en termes d’indemnisation.

La réforme du compte pénibilité

La réforme du compté pénibilité, qui sort des dix facteurs de pénibilité  initiaux la manutention manuelle de charges, les postures pénibles, les vibrations mécaniques et surtout les risques chimiques, constitue un fort recul, en ce qu’il conduit non pas à prévenir les impacts de ces facteurs sur la santé des travailleurs, mais à octroyer une maigre indemnisation aux personnes malades. Or, certaines maladies peuvent survenir 15, 20 ou 30 ans après l’exposition, et donc après l’âge de départ en retraite. Beaucoup seront donc exclus d’une possibilité de départ en retraite anticipée, leur maladie ne s’étant pas déclarée.

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Procès pénal de l’amiante.

Le Parquet du Pôle Santé Public du Tribunal de grande Instance de Paris vient de rendre un réquisitoire définitif sollicitant un non-lieu général dans le procès pénal de l’amiante concernant l’entreprise Eternit.

 Les victimes de l’amiante ont appris hier que le parquet de Paris a réclamé un non-lieu pour les responsables d’Eternit, groupe spécialisé dans l’amiante et le premier à avoir été visé par une plainte contre ce matériau cancérigène.

Ce réquisitoire vient se rajouter à l’annonce faite en juin de la volonté des juges et du parquet de clore les investigations dans une vingtaine de dossiers similaires. L’argument invoqué reste le même, à savoir le «temps de latence extrêmement long et variable qui s’écoule entre l’exposition à la substance et l’apparition des premiers signes cliniques d’une pathologie » et qui «empêche de situer dans le temps avec précision le moment de l’intoxication et, par voie de conséquence, d’identifier le responsable de cette intoxication ». Les juges d’instruction doivent maintenant décider de mettre ou non un terme à la procédure.

Ce réquisitoire renforce la colère des victimes, d’autant plus qu’il repose sur des arguments que l’on peut considérer comme fallacieux. Alors que le débat s’enflamme sur l’absence de décision politique concernant l’utilisation des pesticides et leurs effets sur la santé des travail leurs et du grand public, ce nouveau coup dur pour les victimes rappelle l’impunité des responsables d’empoisonner des dizaines de milliers de personnes .

Au-delà de la colère des victimes de l’amiante, cet te décision emporte en effet la colère de toutes les victimes du travail. En effet, cela conduit à rendre impossible tout procès pénal sur les questions de santé au travail.

Les victimes du travail resteront-elles exclues de toute justice ? La FNATH refuse que les victimes du travail continuent à être envoyer à la mort sans que ne soit possible de dégager des responsabilités.

La FNATH demande aux politiques de se prononcer clairement contre ce « permis de tuer » donné aux employeurs.

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Pesticides

Le Parlement européen a voté le 24 octobre une résolution non contraignante demandant l’interdiction de l’utilisation du glyphosate à des fins non professionnelles dès le 15 décembre 2017 et sa disparition d’ici à 2022. La commission européenne doit se prononcer aujourd’hui.

Le glyphosate, qui entre notamment dans la composition du Roundup de Monsanto, a été classé comme « cancérogène probable » pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer. Au-delà des cancers, des études n’excluent pas le lien entre l’exposition professionnelle et certaines pathologies chez les adultes, dont la maladie de Parkinson.

La FNATH souhaite que les expositions dans le cadre professionnel et non professionnel soient traitées de la même manière. Il n’est en effet pas normal que le Parlement européen propose l’interdiction du produit à des fins non professionnelles dès décembre 2017 et qu’il reporte dans le temps, c’est-à-dire dans 5 ans, l’interdiction de son utilisation à des fins professionnelles. Ce sont autant d’années pendant lesquelles le nombre de victimes professionnelles va s’allonger.

Si le Parlement considère qu’il faut interdire le glyphosate, cette interdiction doit être applicable pour tout le monde à la même date, sans exclure les personnes les plus exposées, c’est-à-dire celles qui l’utilisent à des fins professionnelles.

La FNATH appelle à tirer les enseignements du scandale de l’amiante. Les tergiversations et pressions de toute sorte pour repousser l’interdiction de ce matériau présenté aussi à l’époque comme miraculeux ont conduit au plus grand drame sanitaire connu dans notre pays, avec des dizaines de milliers de victimes, qui attendent encore la tenue d’un procès pénal.

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Asthme professionnel

Dans une décision récente (5 octobre) de la cour d’appel de Dijon, la FNATH vient d’obtenir la reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur, qui n’avait pas respecté de nombreuses obligations. Pour ce faire, elle s’est appuyée sur un rapport du CHSCT. Un CHSCT qui n’existera plus dans cette entreprise à la suite des ordonnances réformant le code du travail.

Dans les suites de son activité professionnelle (profileur de lame), Monsieur F présente depuis 2011 un asthme professionnel, qui a été reconnu par la CPAM en juin 2012 conformément au tableau 62 des maladies professionnelles. Un taux de 7% lui a été reconnu, lui octroyant une indemnité en capital. Monsieur F a saisi le tribunal des affaires de la sécurité sociale pour faire reconnaître la faute inexcusable de son employeur, qui lui a donné raison janvier 2016. L’employeur a décidé d’interjeter appel devant la cour d’appel de Dijon, qui a confirmé par un arrêt en date du 5 octobre 2017 la faute inexcusable de l’employeur.

Dans son argumentation, la FNATH faisait valoir les nombreux manquements de l’employeur à la réglementation : absence d’étiquetage et de signalisation du danger lié à la manipulation de fûts contenant des isocyanates, violation de la réglementation du travail concernant l’aération, absence de masque respiratoire approprié et de gants spéciaux ainsi que l’absence de consignes de sécurité… De plus, l’employeur n’avait pas adopté de document unique d’évaluation des risques intégrant le risque lié à l’utilisation des isocyanates. Le salarié a été contraint de travailler dans des conditions de travail dangereuses pour sa santé jusqu’à ce qu’il ait été victime d’un asthme professionnel

A la suite de la dégradation des conditions de travail, le CHSCT a décidé en juin 2013 d’une expertise sur les risques graves, qui concluait à l’absence de véritable politique de prévention. Ce rapport s’est traduit par la prise de mesures de prévention par l’employeur, mais qui ne peut en l’occurrence l’exonérer de la faute inexcusable.

Grâce à l’argumentation de la FNATH de Saône et Loire, qui représentait son adhérent devant la cour d’appel, et le rapport pour risques graves du CHSCT, la cour d’appel a confirmé la reconnaissance de la faute inexcusable de l’employer.

Outre le fait que cet arrêt reconnaît la faute inexcusable d’un employeur pour un asthme professionnel, ce qui n’est pas fréquent, il montre surtout l’importance des CHSCT. Avec les ordonnances réformant le code du travail, le CHSCT n’existera plus, sauf certains cas, dans les entreprises de moins de 300 salariés, ce qui est le cas de cette entreprise. De plus, dans la mesure où les CHSCT doivent maintenant financer en partie les expertises, il n’est pas sûr que le CHSCT en l’occurrence pourrait maintenant diligenter une telle étude.

Cet arrêt montre donc que la réforme peut conduire d’une part, à réduire la prévention dans les entreprises, et, d’autre part, à rendre plus difficile l’indemnisation des victimes du travail.

Projets de loi de finances.

Décidément le projet de loi de finances s’avère être le plus défavorable aux personnes handicapés,  pensionnés d’invalidité et victimes du travail depuis très longtemps. Derrière des annonces d’amélioration, se cachent des mesures préjudiciables, qui viennent réduire leur pouvoir d’achat. 

La revalorisation de l’Allocation aux adultes handicapés, avec une première augmentation en novembre 2018, dans 13 mois, s’accompagne de la fusion à la baisse des deux compléments de ressources, mais surtout de la réforme des critères de prise en compte des ressources du conjoint. Cette mesure aboutit à neutraliser pour des dizaines de milliers de bénéficiaires l’effet de cette revalorisation.

La situation des pensionnés d’invalidité est encore pire. D’une part, ils seront impactés directement par la hausse de la CSG prévue dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale, sans aucune compensation puisque, une fois de plus, aucune revalorisation n’est envisagée. Ils vont donc connaître une perte de ressources directe et sans aucune compensation.

D’autre part, l’article 63 du projet de loi de finances prévoit la suppression de la prime d’activité pour les personnes invalides et les victimes du travail en emploi. Cela va se traduire très concrètement là-aussi par une baisse du pouvoir d’achat pour ces personnes.

Concernant les victimes du travail, la FNATH condamne une fois de plus le fait que l’excédent de la branche accidents du travail – maladies professionnelles ne se traduise pas concrètement pas de véritables mesures d’amélioration de l’indemnisation des victimes du travail, notamment une véritable revalorisation des rentes et indemnités en capital.

Jamais l’expression « président des riches », qui est de plus en plus utilisé dans les médias, n’a trouvé autant de traductions dans un projet de loi de finances, avec une réduction majeure du pouvoir d’achat des personnes handicapées, invalides et victimes du travail, sans oublier non plus la réduction brutale des contrats aidés qui fragilisent leur insertion en emploi.

La priorité « handicap » du président ne s’est traduit pour l’instant que par un décalage flagrant et insupportable entre les beaux discours et les actes.  Il est temps d’agir dans la concertation et non dans la brutalité des mesures !

 

La FNATH votera aujourd’hui contre le PLFSS au conseil de la CNAMTS.

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