Présidentielle 2017

Forte de 100 000 adhérents, la FNATH a choisi d’alerter les candidats à l’élection présidentielle autour de trois thématiques et 6 mesures urgentes. Par ailleurs, trois vidéos les invitent à clarifier et à renforcer leur prise de parole sur ces sujets. #STOPALALANGUEDEBOIS

Trois thématiques, 6 mesures urgentes

La FNATH interpelle les candidats sur la discrimination et la paupérisation qui frappent les victimes du travail. La situation n’est pas nouvelle, puisqu’elle date d’une loi adoptée il y a plus d’un siècle, en 1898, époque proche du Germinal de Zola ! Depuis, les conditions de travail ont évolué, mais l’indemnisation ne couvre toujours pas la totalité des préjudices, contrairement à tous les autres systèmes d’indemnisation.

La différence d’espérance de vie de près d’une décennie entre les différentes catégories socio-professionnelles reste flagrante et reconnue par tous. La prise en compte de la pénibilité n’est donc pas qu’un gadget ou une lourdeur infligée aux entreprises.

Plus généralement, c’est sur le sujet de la paupérisation et de la précarisation des accidentés de la vie et de leurs aidants, que la FNATH alerte les candidats à l’élection présidentielle. En 2017, plusieurs millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en raison de leur handicap ou de leur maladie : l’allocation aux adultes handicapés avoisine les 800 euros, alors qu’en moyenne les pensions d’invalidité et les rentes des victimes du travail s’élèvent respectivement à 500 et 400 euros. La seule revalorisation de l’allocation aux adultes handicapés ne peut donc être suffisante.

Cette précarisation conduit les accidentés de la vie à renoncer à des soins. Selon une étude menée par la FNATH, 70% des personnes accidentées de la vie ont reporté ou renoncé à des soins (achat de lunettes, de prothèses auditives, de médicaments).

La FNATH interpelle les candidats autour de 3 thématiques et 6 mesures urgentes 

  • L’indemnisation des victimes du travail : une discrimination insupportable qui ne peut plus durer 
  1. Réviser la loi sur l’indemnisation des victimes du travail, qui date de 1898,
  2. Prévenir et indemniser la pénibilité au travail
  • Le handicap et la maladie ne doivent pas conduire à la paupérisation et à la précarisation
  1. Revaloriser le pouvoir d’achat des personnes handicapées, invalides et accidentées
  2. Sortir de la précarité les aidants familiaux
  • L’accès à la prévention et aux soins de doit pas être un luxe réservé à une élite !
  1. Préserver notre système de santé solidaire et de qualité
  2. Lever les obstacles financiers d’accès aux soins.

Trois vidéos pour mettre les personnalités politiques devant leur responsabilité

La FNATH a écrit récemment à l’ensemble des candidats pour solliciter une rencontre, que certains ont d’ores et déjà acceptée, leur permettant ainsi peut-être d’enrichir leur programme sur ces thématiques. D’autres n’ont pas encore répondu. Pour les mobiliser, la FNATH en appelle à tous les citoyens concernés directement ou par leur entourage par ces thématiques, par le biais de 3 petits films de moins d’une minute mettant en scène, sous la forme d’une interview croisée, des personnalités politiques peu inspirées dans leur réponse.

A suivre notamment sur le compte Facebook de la Fnath https://www.facebook.com/fnath 

De plus, avec le #STOPALALANGUEDEBOIS la Fédération propose des échanges et témoignages sur Twitter.

Allongement de la durée d’attribution de l’AAH

Un décret publié ce matin au journal officiel étend de dix à vingt ans la durée maximale d’attribution de l’allocation aux adultes handicapés. La FNATH salue cette mesure qui va permettre de simplifier les démarches des personnes handicapées. Pour autant, la question des ressources des personnes handicapées reste pleine et entière. La FNATH se mobilise pour en faire un enjeu de ces campagnes électorales.

Le décret du 1er février 2017 relatif à la réforme des minima sociaux étend notamment de dix à vingt ans la durée maximale d’attribution de l’allocation aux adultes handicapés et du complément de ressources, applicable par dérogation aux personnes dont le taux d’incapacité permanente est supérieur ou égal à 80 %.

La FNATH salue cette mesure, annoncée il y a déjà plusieurs mois, qui est de nature à simplifier les démarches des personnes handicapées.

 Pour autant, cela ne règle en rien la question des ressources des personnes handicapées. En effet, le montant de cette allocation contraint ses bénéficiaires à vivre sous le seuil de pauvreté et sans aucune autre perspective, leur handicap les empêchant de s’insérer dans le monde du travail.

Mais au-delà de cette allocation, il convient de ne pas oublier toutes les personnes vivant en raison de leur état de santé ou de leur handicap sous le seuil de pauvreté. C’est ainsi aussi à une revalorisation des pensions d’invalidité et des rentes accidents du travail – maladies professionnelles que la FNATH appelle.

A ce stade, les propositions des candidats diffèrent sur le sujet, allant de la création d’un revenu universel, qui n’apporte pas de réponse à court terme aux personnes handicapées, à la création d’une allocation universelle, en passant par la revalorisation de l’allocation aux adultes handicapés.

La FNATH va faire de cette question un de ces sujets de mobilisation lors des prochaines échéances électorales.

Comité interministériel du handicap

Dans un contexte politique particulier, le dernier comité interministériel du handicap du quinquennat s’est réuni ce jour à Nancy. Un exercice classique associant bilan et nouvelles annonces, pour certaines attendues depuis longtemps.

 Mise à part la foule de journalistes qui entourait Manuel Valls au lendemain de la déclaration de Francois Hollande et sa délocalisation à Nancy, peu d’éléments différenciaient ce CIH du précédent. Il n’en reste pas moins que cela reste un comité indispensable pour garantir une plus grande inter-ministérialité et faire en sorte que chaque politique publique intègre la dimension du handicap.

De manière classique, le premier ministre a défendu le bilan du quinquennat dans ce domaine, de manière subjective, rapide et souvent partielle, tout en soulignant toutefois que beaucoup restait à faire…

 

De manière tout aussi classique, le premier Ministre a annoncé de nombreuses mesures. La plupart d’entre elles renvoient à des groupes de travail ou des applications au-delà des prochaines échéances électorales.

Toutefois, certaines mesures annoncées sont attendues depuis longtemps et méritent donc d’être saluées. Ainsi l’annonce des améliorations concernant la suppression des barrières liées à l’âge de 75 ans pour bénéficier de la prestation de compensation, les mesures liées à la parentalité ou à la prise en charge des actes essentiels pour les personnes handicapées psychiques constituent indéniablement des annonces positives, si elles sont rapidement adoptées et financées.

D’autres mesures concernant l’allocation aux adultes handicapées ou la retraite anticipée des travailleurs handicapées (déjà adoptée dans le PLFSS), bien que n’apportant pas une réponse définitive à ces sujets, qui devront être remis sur la table, apportent des améliorations.

Malgré le taux de chômage important des personnes handicapées, peu de mesures ont été annoncées dans le domaine de l’emploi des travailleurs handicapés, à l’exception de l’ouverture de discussions pour pérenniser le financement de l’Agefiph et du Fiphfp, dont les réserves ont été grandement appauvries par les ponctions successives de l’Etat.

Malgré les limites de ce type de réunion nécessitant à la fois de réaliser un bilan par nature peu objectif et d’annoncer de nouvelles mesures, la FNATH considère que le gouvernement est allé au bout de ce qu’il pouvait réaliser dans le contexte actuel et au vu des prochaines échéances. Reste à concrétiser ces annonces, mais surtout à mobiliser l’ensemble des candidats aux prochaines élections pour que leur programme intègre la situation des personnes handicapées.

Emploi des personnes handicapées

Réalisée par la FNATH avec le soutien de l’Agefiph, l’application gratuite « Handicap & Travail » donne des clés et des réponses précises aux travailleurs handicapés – ou qui le deviennent – pour réussir l’accès à un emploi, le maintien dans leur entreprise ou bien l’accès à une formation.

« La légère embellie de la baisse du chômage ne passe pas par les travailleurs handicapés. Le nombre de demandeurs d’emploi n’a jamais été aussi élevé. Alors que la majorité des personnes handicapées le deviennent dans le courant de leur vie professionnelle et personnelle à la suite d’un accident de la vie, le maintien de l’emploi doit, pour la FNATH, faire l’objet d’une priorité absolue des pouvoirs publics. Le handicap ne doit plus être synonyme de discrimination et d’exclusion du monde de l’entreprise », déclare Arnaud de Broca, Secrétaire général de la FNATH.

Le taux de chômage des travailleurs handicapés est près de deux fois supérieur à celui du reste de la population active (18 %). Trouver un emploi reste un parcours du combattant pour les travailleurs handicapés. A fin juin 2016, près de 480.000 demandeurs d’emploi en situation de handicap étaient inscrits à Pôle emploi (+2,3% par rapport à juin 2015), soit 8,6% de l’ensemble des demandeurs d’emploi.

La FNATH, association de défense de tous les accidentés de la vie, a réalisé une étude auprès de ses adhérents qui a montré que 55 % des personnes interrogées n’avait pas retrouvé leur emploi après leur accident de la vie.

Si des leviers existent pour favoriser et améliorer le travail des personnes handicapées, ils ne sont pas toujours faciles à identifier et à utiliser.

Des clés pour comprendre et agir

Quels sont les interlocuteurs, les contrats aidés existants, les aides disponibles pour se maintenir en emploi, les acteurs à contacter, etc. ? L’application répond de manière précise aux questions auxquelles sont confrontés les salariés handicapés tout en offrant également un guide simple et pratique aux entreprises et aux acteurs de l’insertion professionnelle.

Pour favoriser une large diffusion de l’appli, la FNATH a réalisé un film d’animation de 24 secondes qui pourra être relayé sur les réseaux sociaux, les institutions et tous ceux qui soutiennent l’emploi des personnes handicapées.

Pour rappel

Depuis la loi du 10 juillet 1987, les entreprises de 20 salariés et plus ont l’obligation de compter au moins 6% de personnes handicapées dans leur effectif. La loi du 11 février 2005 renforce ces dispositions. Elle pose le principe de non-discrimination et d’égalité de traitement vis-à-vis des personnes handicapées, tant pour leur accès à l’emploi que pour leur maintien dans l’emploi et leur évolution de carrière. Elle instaure dans les entreprises  l’obligation de négocier sur le thème de l’emploi des personnes handicapées. La loi Travail du 8 août 2018 crée notamment un dispositif d’emploi accompagné et élargit les missions des Cap emploi sur les questions maintien en emploi (à compter de janvier 2018).

L’appli Handicap & travail est gratuite et disponible sous iOS et Androïd.

Conférence nationale du handicap

La 4e conférence nationale du handicap qui s’est tenue ce jour a permis au Président de la République de faire quelques annonces concrètes et attendues, en particulier dans le domaine de l’éducation. Mais, cela ne suffira pas pour construire une véritable société inclusive comme tout le monde l’appelle de ses vœux.

La FNATH ne peut que saluer l’annonce de certaines mesures dans le cadre de cette conférence nationale du handicap, en particulier les annonces concernant l’accompagnement des enfants handicapés ou bien encore l’élargissement de la prime d’activité aux bénéficiaires d’une pension d’invalidité ou d’une rente accident du travail et maladie professionnelle travaillant à mi-temps. Autant de mesures attendues et qui pourront, de même que l’allongement de la durée d’attribution de l’allocation aux adultes handicapés, bien qu’encore insuffisantes, apporter quelques réponses concrètes aux personnes handicapées. Il en est de même de l’avancement des travaux impulsés dans le cadre de la réponse accompagnée pour tous, faisant suite au rapport de Denis Piveteau intitulé « Zéro sans solution ».

La société inclusive, thème de la CNH, et sur laquelle tout le monde doit se retrouver, semble bien éloignée de la réalité concrète des personnes handicapées. Si les témoignages apportées lors de cette conférence permettent de connaître de parcours globalement positifs, la société reste majoritairement excluante et discriminatoire pour les personnes handicapées.

Alors que des dizaines de milliers de personnes sont licenciées pour inaptitude dès lors que le handicap survient, le discours du Président de la République ne comporte aucune véritable annonce accompagnée de moyens financiers dédiés pour améliorer l’insertion et le maintien en emploi des travailleurs handicapés. La « loi travail » aurait dû être l’occasion de réformer les services de santé au travail afin d’en faire un véritable outil pour prévenir et accompagner les personnes devenant inaptes en raison notamment de l’intensification du travail. Malheureusement la version retenue ne choisit pas cette option.

La FNATH soutient bien évidemment la reconnaissance de l’emploi accompagné dans le cadre de la « loi travail », qui constitue une avancée certaine pour faciliter les parcours en emploi des personnes handicapées dans la durée. Ce droit ouvert par la loi ne s’accompagne pas des financements nécessaires.

Concernant l’accessibilité, la FNATH note qu’aucune mesure nouvelle n’a été  annoncée alors que nombre d’établissements recevant du public restent à ce jour inaccessibles et ne sont pas rentrés dans la démarches des agendas d’accessibilité programmée (Ad’AP), pénalisant ainsi dans leur vie quotidienne et dans leurs déplacements les personnes handicapées

Emploi des fonctionnaires handicapés

La sécurité des établissements scolaires ne doit pas se faire au détriment de l’emploi des personnes handicapées. C’est pourtant ce que vient d’annoncer, relativement discrètement, le Gouvernement. Les impératifs de sécurité ne peuvent excuser toutes les décisions. La FNATH condamne cette décision qui met en péril l’existence même du fonds, après de nombreuses autres ponctions.

La ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a annoncé, mercredi 31 août 2016, lors de la soirée de l’université d’été de la CPU, que 30 millions d’euros seraient consacrés à la « sécurisation technique ou humaine » des universités. D’où viendront ces fonds ? De la contribution au Fonds d’insertion des personnes handicapées dans les fonctions publiques, que les universités seront dispensées de verser.

Cette décision traduit le peu d’intérêt que porte le ministère de l’éducation nationale à l’emploi des travailleurs handicapés, alors même que ce ministère a obtenu depuis de nombreuses années déjà des dérogations.

Cette nouvelle ponction s’ajoute à une ponction récente de 90 millions sur trois ans. Cette décision ne sera pas indolore, puisqu’elle pose ni plus ni moins la question du maintien de l’existence de ce fonds. En effet ce fonds, qui dépense depuis deux ans plus que les contributions qu’il reçoit, doit puiser dans ses réserves. Autant dire, que cela revient à mettre en cause à court terme les aides qu’il doit verser pour favoriser l’accès et le maintien en emploi des fonctionnaires handicapés.

Cette décision intervient alors que le gouvernement tarde depuis plusieurs mois à nommer les nouveaux membres du comité national de ce fonds.

La FNATH ne peut que condamner ces décisions qui viennent de plein fouet remettre en cause la déjà fragile politique de l’emploi des personnes handicapées, alors que le taux de chômage n’a jamais été aussi élevé.