PLFSS 2026 : La FNATH dénonce un PLFSS « d’agression sociale »

La FNATH a pris connaissance des dispositions du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Si ce PLFSS comporte quelques mesures intéressantes, la FNATH fait le constat d’une série de mesures qui porte une atteinte manifeste aux droits des assurés sociaux, aux pensionnés à la retraite ou à l’invalidité, aux personnes malades, en situation de handicap, et aux accidentés du travail ou qui souffrent d’une maladie professionnelle.

La FNATH dénonce comme inacceptables :

  • Le maintien pour l’année 2026 à leur niveau de 2025 des seuils de revenus qui conditionnent l’application des taux réduits ou nuls de CSG et d’autres contributions liées dues sur certains revenus de remplacement (pensions de retraite, pensions d’invalidité et allocations chômage).

Nouvelle contribution

  • La création d’une nouvelle contribution des organismes complémentaires au titre de l’année 2026 au taux de 2,05 % assis sur l’ensemble des cotisations de leurs adhérents qui sera, au final, à la charge des assurés par une augmentation du montant des cotisations.

Imposition

  • L’imposition des titres-restaurant pour les dépenses alimentaires, chèques-vacances pour les activités de loisirs, chèques cadeaux ou autres avantages sociaux et culturels financés par les CSE (billets de théâtre, de musées ou de concert) aux prélèvements sociaux.

Fin d’exonération

  • La fin de l’exonération de cotisations sociales salariales en faveur des apprentis.
  • L’extension du champ des participations forfaitaires et franchises sur les actes et consultations effectués par les chirurgiens-dentistes et les dispositifs médicaux.

Limitations

  • La limitation de la durée de prescription des arrêts de travail pour maladie, la durée d’indemnisation des arrêts de travail en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle et la suppression de l’obligation de visite de reprise pour un retour de congé maternité.
  • La limitation de la durée d’indemnisation des arrêts de travail des assurés ne relevant pas du dispositif de l’affection longue durée.

Réduction

  • La réduction du montant de l’allocation personnalisée d’autonomie et de la prestation de compensation du handicap pour la victime d’un accident de la circulation.

Diminution

  • La diminution de la dotation de la branche AT-MP pour financer le FIVA qui passe de 465 millions d’euros au titre de l’année 2025 à 387 millions d’euros pour 2026.

Comble de cynisme, alors que la Commission d’évaluation a évalué en 2024 le montant de la sous-déclaration des AT-MP, sur la base des données scientifiques et épidémiologiques les plus récentes, dans une fourchette comprise entre 2 milliards et 3,8 milliards d’euros, le PLFSS pour 2026 limite le montant du versement annuel de branche AT/MP au titre de la sous-déclaration au profit de la branche maladie à 1,6 milliards d’euros ! Alors que la branche maladie supporte un déficit historique, le Gouvernement persiste à épargner les entreprises de leur contribution sans même la fixer au minimum de la fourchette basse de l’évaluation.     

A ce stade, la FNATH ne peut que s’opposer à ce PLFSS pour 2026 qui doit être qualifié de « PLFSS d’agression sociale » et même plus de régression sociale.

La FNATH réagit à la déclaration de politique générale du Premier ministre

La FNATH a suivi avec attention les déclarations du Premier ministre Sébastien LECORNU lors de sa déclaration de politique générale.

Si certaines annonces vont dans le bon sens, nous demeurons très inquiets quant aux débats à venir et à la traduction concrète des intentions affichées.

Un débat pour repenser en profondeur le monde du travail

Nous saluons la décision de mettre en pause l’injuste réforme des retraites ainsi que la volonté de redonner toute sa place à la démocratie sociale. Il s’agit maintenant de permettre un véritable débat, libre et ouvert, pour repenser en profondeur le monde du travail : évoquer enfin la pénibilité, le travail des femmes, les carrières hachées ou longues, ainsi que les enjeux majeurs de prévention et de santé au travail.

Une “année blanche” qui frapperait d’abord les plus précaires

En revanche, la FNATH ne peut accepter l’idée d’une “année blanche” qui, sous couvert d’attente ou de transition, frapperait d’abord les plus précaires et les plus fragiles. Nous exprimons également notre vive inquiétude face aux annonces budgétaires concernant la santé. Le gouvernement prévoit une progression des dépenses d’Assurance maladie limitée à 1,6 % pour atteindre 270,4 milliards d’euros, soit bien en deçà de l’évolution naturelle des besoins. Dans un contexte de vieillissement de la population et de multiplication des maladies chroniques, c’est tout simplement intenable. Les 7,1 milliards d’euros d’économies envisagés sur la santé sont inacceptables, alors même que les soignants et les établissements sont déjà à bout.

La FNATH appelle enfin les parlementaires à voter un budget digne et juste, qui ne fasse pas peser l’effort sur les plus vulnérables, mais demande au contraire aux plus riches et aux grandes entreprises de contribuer à hauteur de leurs moyens.

80 ans de la Sécurité sociale : pour un patriotisme social

A l’occasion de ses 80 ans, la FNATH rappelle que la Sécurité sociale est d’abord un projet de société. Construite sur les cendres d’une certaine France qui s’était laissée séduire par le repli sur soi, le racisme et l’exclusion, et finalement la collaboration avec le nazisme, la Sécurité sociale reste un des piliers d’une société démocratique moderne. C’est pourquoi, la FNATH appelle à un sursaut collectif pour pérenniser ce modèle du « vivre ensemble » à la française dans un esprit républicain.

Elle appelle à la fin d’une idéologie économique ultra libérale mortifère pour la Sécurité sociale qui lui refuse systématiquement l’allocation de nouvelles recettes alors que les besoins en santé des populations ne cessent de croitre d’années en années du fait simplement des progrès scientifiques et de la démographie.

Des ressources allouées à une protection sociale optimale

Elle demande à ce que les ressources allouées à une protection sociale optimale soient considérées comme un investissement collectif plutôt que comme une charge sociale qui altère la rentabilité des entreprises et qu’il soit mis fin au chantage à l’emploi.

Une politique de pertinence des dépenses

Elle demande qu’une politique de pertinence des dépenses soit réellement mise en œuvre en même temps qu’une révolution systémique dans la prévention primaire, secondaire et tertiaire soit initiée à l’abri des conflits d’intérêts, des rentes de situation, des lobbies et des pressions politiques.

Si chacun doit contribuer à la préservation de la Sécurité sociale, les usagers et les assurés sociaux ont largement contribué à payer leurs dus avec les franchises médicales et autres participations, les déremboursements, les dépassements d’honoraires, le prix des complémentaires santé, la précarisation sociale après un accident du travail ou une maladie professionnelle.

N’en déplaise mais personne ne peut interdire aux personnes de se soigner et de bénéficier des progrès scientifiques, et le prix à payer doit être partagé entre toutes les composantes de la société. Le patriotisme social c’est un choix de société pas une charge sociale.

La FNATH salue une décision qui renforce les droits des salariés et reconnaît la réalité de la maladie

La FNATH se félicite de l’arrêt rendu le 10 septembre 2025 par la Cour de cassation. Cette décision consacre le droit, pour tout salarié qui se trouve en arrêt maladie pendant ses congés payés, de reporter ces congés.

Mise en conformité du droit français avec le droit européen

En confirmant la conformité du droit français avec le droit européen, la Cour rappelle une évidence trop souvent contestée. Être malade n’est pas une faute. C’est une situation qui appelle à la protection et non à la sanction.

La haute juridiction souligne que le congé payé a pour finalité le repos, la détente et les loisirs, tandis que l’arrêt maladie permet au salarié de se rétablir d’un problème de santé. Ces deux droits n’ont pas la même fonction et ne peuvent se confondre. Puisque la maladie empêche de se reposer, il est juste et nécessaire que les congés payés soient reportés lorsque le salarié se trouve en arrêt de travail.

Une décision vient rappeler avec force que les salariés ont des droits

Dans le contexte politique actuel où les assurés sociaux sont régulièrement pointés du doigt et rendus responsables de tous les déséquilibres, cette décision vient rappeler avec force que les salariés ont des droits. La maladie ne peut être un motif de stigmatisation !

La FNATH continuera à défendre la dignité et les droits de toutes les personnes accidentées de la vie et des malades. Elle appelle à renforcer une protection sociale fondée sur la justice et sur la solidarité.

Le Gouvernement (presque) sortant choisit de faire payer les malades pour épargner les riches

La Fédération des mutuelles de France et la FNATH – Association des accidentés de la vie – dénoncent les projets de décrets du gouvernement visant à augmenter les franchises et forfaits médicaux et à restreindre l’accès à l’Aide médicale d’État.

Ces décisions, prises à quelques jours de sa probable démission et sans aucune concertation démocratique avec les représentants des patients, des mutuelles, les associations et les syndicats, traduisent un choix politique clair : faire porter l’effort financier sur les malades chroniques, les accidentés de la vie, les familles modestes et les personnes en situation de précarité. Cela pour épargner les plus hauts revenus et les patrimoines les plus importants qui pourraient pourtant être aussi sollicités pour financer nos biens communs.

En augmentant le reste à charge, le gouvernement ne responsabilise pas : il punit. Les plus fragiles se voient contraints de renoncer à des soins essentiels, tandis que les plus riches échappent à tout effort de solidarité supplémentaire. C’est une injustice sociale criante et une politique de santé inégalitaire et inconséquente.

De même, le durcissement de l’accès à l’Aide médicale d’État constitue une double faute : morale, parce qu’il abandonne des personnes en situation de grande vulnérabilité, et sanitaire, parce qu’il met en danger la santé publique en organisant le renoncement aux soins.

La Fédération des mutuelles de France et la FNATH refusent une politique qui fracture encore davantage notre société en opposant les malades aux bien-portants, les pauvres aux riches, les Français aux étrangers. Nous exigeons le retrait de ces projets injustes et l’ouverture d’une véritable concertation sur le financement solidaire de notre système de santé.

La santé n’est pas un privilège : c’est un droit humain fondamental. La protection sociale n’est pas une  charge : c’est un des piliers de notre société. Sacrifier l’une et l’autre au nom de l’austérité budgétaire, tout en préservant les plus privilégiés, est une faute.

 

Les Mutuelles de France, actrices engagées du mouvement mutualiste, militent pour une société solidaire et inclusive. Dans l’intérêt général, ses mutuelles et ses établissements de soins, à but non lucratif, agissent pour l’égalité des droits et une protection sociale de haut niveau pour toutes et tous. Elles contribuent à un accès universel à la santé tout au long de la vie. • La FMF regroupe 49 groupements mutualistes, dont 34 mutuelles complémentaire-santé et prévoyance et 15 unions et mutuelles. Elle est membre de la Fédération Nationale de la Mutualité Française depuis l’unification du mouvement mutualiste en 2002

La FNATH dénonce la méthode du gouvernement

La FNATH dénonce la méthode employée par le gouvernement, qui tente de faire adopter en pleine période estivale trois décrets particulièrement défavorables aux usagers du système de santé. Ces décrets relatifs aux franchises médicales et participations forfaitaires vont accroitre de manière particulièrement injuste les restes à charge pesant sur les malades.

Le Ministère, via la DSS, vient de saisir le Conseil de la Cnam, dont la FNATH est membre, sur ces trois projets de décrets et ce avant même le débat parlementaire sur le PLFSS.
Les délais imposés au Conseil sont volontairement restreints, empêchant tout débat sérieux et approfondi. Or, la discussion et la confrontation des points de vue sont essentielles au bon fonctionnement démocratique de cette instance.

De plus, il est illusoire de penser que la DSS puisse, seule, répondre à toutes les interrogations légitimes des membres du Conseil. Nous exigeons la présence de représentants politiques, afin qu’ils aient au moins la décence de défendre eux-mêmes les mesures injustes qu’ils tentent d’imposer aux assurés !

La FNATH dénonce une manœuvre qui vise clairement à museler les conseillers et à empêcher l’expression du mécontentement. Nous ne nous laisserons pas faire !

Nous demandons :

  • un délai supplémentaire, afin que le Conseil de la CNAM puisse, à minima, se réunir à la rentrée et mener un débat démocratique digne de ce nom
  • que ces projets soient d’abord débattus dans le cadre du PLFSS, car leur impact est avant tout politique et non technique
  • que ce n’est qu’ensuite qu’un texte réglementaire puisse être soumis aux instances de la CNAM.

Ces projets de décrets auront un impact direct et lourd sur les assurés sociaux, en particulier les plus fragiles. Ils ne peuvent être adoptés à la hâte pendant l’été, dans le mépris du débat public et du dialogue social.

La FNATH appelle donc solennellement le gouvernement à revoir sa méthode et à respecter le fonctionnement démocratique de nos institutions sociales.