Depuis plusieurs jours, les arrêts de travail font l’objet d’un traitement médiatique préoccupant. L’amalgame est systématiquement fait entre hausse des arrêts maladies et fraude sociale. Des discours décomplexés de certains organisations patronales n’hésitent plus à soutenir en début de semaine sur un grand média audiovisuel que la santé mentale n’est qu’un prétexte pour les jeunes ou les cadres qui s’arrêtent.

Un sujet de santé publique

Oui, le nombre des arrêts de travail est en augmentation. Personne ne le conteste mais c’est avant tout un sujet de santé publique.

Chaque année, la FNATH accompagne des milliers de personnes confrontées à des arrêts de longue durée, en raison d’une maladie grave, d’un handicap ou d’un accident de la vie. Pour ces personnes, l’arrêt de travail n’est pas un confort ni un choix. C’est une nécessité vitale, le temps indispensable à la convalescence ou à la reconstruction. De même, la chasse systématique aux arrêts de courte durée ne distingue plus les abus que la FNATH ne conteste pas et les situations dans lesquelles un arrêt de courte durée évite au salarié une aggravation de son état de santé ou un burn-out.

Dénoncer les personnes en arrêt pour réduire leurs droits, c’est empêcher la prévention de faire son office, c’est retarder leur guérison, compliquer leur retour à l’emploi et, à terme, aggraver les coûts humains et économiques notamment celui des licenciements pour inaptitude qui s’élèvent déjà à 134 000 personnes par an.

D’autant que ces campagnes médiatiques interviennent dans un contexte déjà marqué par des mesures défavorables : limitation de la durée des arrêts maladie pour les prescriptions initiales et leurs renouvellements, hausse des restes à charge hospitaliers…

Éclairer les causes plutôt que stigmatiser

 Plutôt que de stigmatiser, il est urgent de braquer les projecteurs sur les causes profondes par exemple de l’augmentation des arrêts de longue durée. Celles-ci sont largement documentées : vieillissement de la population active, allongement des carrières lié aux réformes des retraites, progrès médicaux permettant de diagnostiquer et traiter davantage de pathologies, mais aussi, et surtout, dégradation des conditions de travail ! C’est sur ces leviers qu’il faut agir !

La FNATH rappelle que le rapport charges et produits de la Caisse nationale d’assurance maladie pour 2026, après un travail approfondi coconstruit avec le Conseil de la Cnam, avait fait plusieurs propositions équilibrées.

La FNATH sera vigilante aux prochaines annonces du Gouvernement sur le thème de la lutte contre la fraude sociale et s’opposera à réduire une épidémie de santé publique et de santé au travail à une chasse systématique aux arrêts de travail et à un recul des droits des accidentés du travail, des malades, des personnes en situation de handicap et de tous les assurés sociaux.

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