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«Mon accident du travail me coûte très cher» (11/12/2009)

Les indemnités journalières seront dorénavant imposables. « Pas normal », dit calmement Jean-Pierre. Amputé des deux jambes, il a dû faire face à de nombreux frais, il détaille.
Je ramassais des cailles chez des éleveurs pour les emmener à l’abattoir, un travail qui se fait de nuit : les cailles doivent être arrivées avant le personnel qui les abat. Alors que j’étais seul au volant de mon camion, j’ai eu un malaise, sans doute un accident cardio-vasculaire. C’était près de Soullans, le 6 octobre 2008. Le choc m’avait éjecté de la cabine. Il a fallu m’amputer des deux jambes.

Son retour à la maison. Quand je suis sorti du « brouillard », quelques semaines plus tard, j’ai évidemment réalisé que je ne pourrais pas revivre dans ma maison les marches, ce n’était plus pour moi. Mes enfants ont donc rendu ma location. J’ai dû prendre une location temporaire en attendant qu’une maison de Vendée Habitat se libère, aux Lucs-­sur-Boulogne. Le loyer n’est pas plus cher, mais cela m’a coûté deux déménagements. J’ai aussi dû acheter de nouveaux meubles mon buffet à éléments hauts, sans mes jambes, je ne pouvais plus m’en servir Ma maison n’est toujours pas adaptée à mon handicap les frais seront pris en charge, mais c’est à moi de faire les devis pour le bitume devant la porte d’entrée, les volets roulants au lieu des battants, etc. Ces frais de téléphone là, c’est pour ma pomme. Les frais liés au handicap La sécu propose un forfait très bas pour les fauteuils. J’ai donc dû sortir 400 € pour avoir le modèle conseillé par l’ergothérapeute. J’ai aussi dû racheter une voiture, et pas une petite... car l’aménagement pour que je puisse la conduire nécessite de la place. D’autres exemples ? Comme en restant assis j’ai pris du poids, j’ai dû changer tous mes pantalons. Et pour ne pas avoir froid, il va falloir mettre plus de chauffage... Les indemnités journalières Mon incapacité de travail est dorénavant considérée comme stable : je vais prochainement toucher une rente qui elle, ne sera pas imposable. Si j’ai touché des indemnités journalières pendant plusieurs mois, c’est parce que je pensais pouvoir remarcher avec des prothèses : il s’avère que non. Imposer ces indemnités, ça revient à me pénaliser d’avoir essayé de remarcher En plus, les indemnités sont calculées en fonction du mois précédent l’accident je suis pénalisé car ce n’était pas un gros mois... Le préjudice C’est vrai que j’aitouché de l’argent qui m’a permis de financer quelques faux frais. Mais c’est parce que dans mon malheur, j’ai eu de la chance mon employeur avait souscrit une assurance « dommages corporels du conducteur ». La Fédération nationale des accidentés de la vie m’a assuré que rares sont les employeurs qui le font... Et puis, ça ne compense pas le préjudice ! Gaspillage dans l’organisation Imposer les indemnités journalières, je trouve que ce n’est pas normal. Si on est renversé sur un passage piéton par une voiture, les indemnités de l’assurance ne sont pas imposées et le préjudice est « compensé » financièrement. Pourquoi pénaliser ceux qui ont pris un risque pour un employeur? Je suis sûr qu’on peut prendre de l’argent ailleurs ! Pendant ma rééducation, j’aivu un sacré gaspillage dans l’organisation de certains soins. Ils veulent prendre mon argent mais pas ma place

 

Claire HAUBRY. Ouest France 09/12/2009
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