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Histoire d'une intoxication (10/03/2009)

Le 27 avril 2004, j'ai désherbé mes cultures de maïs avec un produit type Lasso (fabriqué par le groupe Monsanto). J'ai inhalé accidentellement les vapeurs se trouvant dans la cuve », se souvient Paul François, exploitant agricole en Charente. Au bout de quatre ans de bataille, cet agriculteur de 45 ans, est parvenu à faire reconnaître son état en maladie professionnelle, en novembre dernier.

Fait rare, le tribunal des affaires de sécurité sociale (Tass) d'Angoulême a admis un lien entre ses problèmes de santé et son intoxication aiguë en 2004. « Dans une carrière, un agriculteur utilise plusieurs centaines de molécules. Les firmes ne nous informent pas toujours complètement. Il n'était pas écrit directement sur le produit qu'il y avait du monochloro­benzène. » Paul François a souffert de céphalées, pertes de connaissance, problèmes d'élocution, amnésie, vertiges, fatigue, que nombre des spécialistes consultés ont semblé avoir du mal à interpréter. Certains praticiens lui ont même parlé de dépression, de crises d'épilepsie, de sclérose en plaque, voire l'ont suspecté de se droguer… Il déplore toujours des problèmes d'immunité, entre autre. Une histoire de fous dans laquelle Paul François se débat. Il décide de poursuivre la société Monsanto et sait qu'il va s'attaquer à un « gros morceau ». Mais il le fait, dit-il, pour que les agriculteurs prennent conscience... pour qu'ils brisent la glace. « Avec le volume de pesticides qu'on a manipulé, il est extraordinaire que si peu de cas soient connus. » Il parle de bombe à retardement. « Les premières victimes seront les agriculteurs eux-mêmes. Autour de moi, j'en connais au moins une dizaine. Ils ne veulent pas témoigner car ils se sentent trop fragiles, trop malades... Je crois qu'ils craignent qu'on les traite de pollueurs. Pourtant, ils ont participé à l'autosuffisance alimentaire de notre pays et à notre enrichissement collectif. Maintenant, il faut passer à autre chose : on pourrait n'utiliser que la moitié de ces produits et développer une agriculture plus raisonnable. »

La Rédaction d’APE a tenté de joindre Monsanto pour lui proposer de s’exprimer : sans réponse...

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