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Yvette Ramadour a pris du Mediator® de 1999 à 2005 : je me sens trahie (26/09/2011)

Près de 60 procédures contre les Laboratoires Servier sont engagées en Mayenne. Des instructions longues et couteuses tant il s'avère difficile de tirer des conclusions claires.
Pour quelle raison et quand vous a-t-on prescrit le Mediator® ?
En 1999, alors que j'habitais en région parisienne, mon médecin m'a prescrit du Mediator®, trois cachets par jour, pour favoriser mon régime, alors que je souffrais d'obésité et de diabète.
J'ai pris ce produit jusqu'en 2005, sans souffrir d'effets secondaires sérieux. Nous avons alors déménagé à Mayenne et changé de médecin traitant. Ce dernier n'a pas voulu me prescrire le Mediator® : « Je ne veux plus vous donner ça », m'a-t-il dit, sans commenter davantage ce qui le motivait à préférer un autre traitement. J'ai donc cessé de prendre ce produit.

● Un peu plus tard, vous avez-eu de graves problèmes : de quel ordre ?
Trois années plus tard, en 2008, j'ai été victime d'un premier malaise sur un parking. Après un séjour en réanimation, j'ai passé un mois et demi de convalescence à l'hôpital. En janvier 2009, un second malaise m'a valu sept jours de réanimation et deux mois d'hôpital. Mon état ne faisait qu'empirer. Je ne pouvais pas marcher plus de cinquante mètres sans être essoufflée... tout effort quotidien devenait problématique. J'ai alors consulté un cardiologue de Laval qui a diagnostiqué des lésions sur une valve cardiaque, à l'origine de difficultés physiques majeures
dans l'effort et de mes malaises successifs. Une opération pour remplacer cette valve et réaliser un pontage s'est imposée, pour m'éviter une mort qui apparaissait alors imminente.

● Mais quel lien avec le Mediator®...
Le chirurgien qui m'a opérée à Rennes a clairement établi un lien entre les lésions constatées sur cette valve et l'action du Mediator® : Ce lien de cause à effet est écrit noir sur blanc sur un document que j'ai en ma possession : « le Mediator® a vraisemblablement une part de responsabilité dans la survenue des lésions vasculaires...», a-t-il spécifié à l'époque de mon opération. Ce document est une pièce majeure du dossier de demande d'indemnisation que j'ai monté avec l'aide de la Fnath. La procédure a été engagée depuis un an et a déjà fait l'objet de deux séances au tribunal de Laval. Il s'agit d'une procédure longue et complexe qui vise à préciser et faire reconnaître cette part de responsabilité. Je suis déterminée, j'ai eu confiance
dans les progrès de la médecine et je me sens trahie. Je cherche donc à obtenir réparation des préjudices physiques et moraux subis.
● Quelle est la ligne de défense de Servier ?
Les Laboratoires Servier s'appuient aussi sur les rapports des chirurgiens pour faire valoir que le prise du Mediator® n'est pas le seul facteur de risque mentionné dans mon cas, qu'il y en a
d'autres tels l'obésité, l'hypertension artérielle ou encore le diabète... Pour eux, la mesure dans laquelle le Mediator® a influé sur mes problèmes de santé n'est pas établie précisément à ce jour et ils réclament une expertise pour préciser le rôle et l'importance de chaque facteur de risque.
● Allez-vous vous soumettre à cette expertise ?
S'il le faut, je m'y soumettrai, même si elle coûte près de 3 000 euros et qu'elle me contraint à me rendre à la Pitié-Salpétrière à Paris. Dans ce cas, elle interviendra fin novembre, puis la procédure pourra suivre son cours
.

Article rédigé par : Armel Desansal pour le Courrier de la Mayenne

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